Poème '(Pour toi, Jane) In out' de ATOS

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(Pour toi, Jane) In out

ATOS
A l’acier de ses frontières
l’homme déchire sa parole
et affiche le mensonge
à la porte de son cœur.

Tout homme – taire –
totem terreur -
menaces – leurre -
sous terre – peur –

A la première écluse du malheur
l’amer monte sur les rives du fleuve.

Tout homme – taudis -
totem– mépris
masque blanc – visage nègre
Tout homme – taudis -
totem– mépris
casque de neige – visage de marbre
messe de glace – masque de glaise

frappe frappe le dos
frappe frappe le sol
marche contre terre
Tout homme – mépris -
totem– taudis

Les vautours bivouaquent .
Leur bec est à l’enclume.
Ils boivent le vin chasuble
dans le crâne de l’absurde.

arbre – saccage – cage- village
ventre- sabrent – sables… tremblent
flammes ….cendres

frappe frappe le dos
mange mange le sol

A l’abri de ses lois
l’homme éventre son choeur
Il plonge ses mains dans l’oeil noir.

Homme – pillage –
or – saccage – Sabre lame –
mirages cendres – sol pleure –
photo chlore – caravane mord -
village meurt – peuple fuit -
arbre gémit – bulles de sang
marée de ventre – ciel absent -

A la dernière écluse du malheur
Le fleuve s’orage
Les sans bouillonnent et enragent.
Frappe frappe contre les portes
La marque brûle les peaux

L’arbre trompe
l’arbre crie
l’arc pourri

frappe frappe le dos
mange mange le sol

peuples – douleurs
homme vomit
leurre – terreur

l’heure grave
terre sèche
l’homme saigne
totem pleure
La pierre meurt

Derrière leurs écluses
Les vautours jettent les sacs
Ils crachent leur peur comme une écume.
De mains basses et de messes lasses
Ils élèvent leurs murs contre bonne fortune.
Gueule de chacal à la bouche nation
Serre animal sur visage primal

Marque Marque le dos
mange mange le masque

Tout homme – pourris -
totem– maudit

Homme – pleures –
Visas – permis –
leurres – prières
extra -exquis

corps et âmes mis en plis
jetés à l’ adresse du banni.
Morgue létale – Becs fatals
trappes sommeil – tunnels maudits
la barque vomit

Tout homme – pourris – totem– mépris

taire terre taudis

Par les fenêtres de son cœur
l’homme inspire le pue du mensonge.
ça l’infecte, ça l’acide, ça le ronge.
Il arrache sa porte
et aspire son manque de parole.

Souffle mémoire – fleuve d’oubli
masque fossile – verbe banni
crâne sourit – marque rougit
Les vautours se convient

Pierres seules – sable pleure

Les hommes sont partis.

Frappe frappe le sol
Carcasse nation
mange mange la parole
et crève dans tes chaires.

Peinture de Bernard BUFFET

Peinture de Bernard BUFFET

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