Poème 'La plaque' de ATOS

La plaque

ATOS

Viens voir les photos, mon ange,
les photos du temps, du temps béni
où nous embrasions si fort la terre de toutes nos haines.
Regarde, là tu vois ? C’était le jour du sang, du meurtre, et de la honte,
il y avait une foule hurlante,
oui tu as raison, et des oiseaux aussi de proie.
Regarde la rouge fontaine et puis l’école en dentelle
Regarde mon ange regarde, c’est bien de se rappeler ce temps là.
le jour où nous avons jeté toutes nos colombes contre des cerfs volants d’acier.
Tiens celle là … regarde là
c’est une mère qui déchire son ventre contre le ciel
Et puis ce vieux qui dort sans sommeil.
Non. Ceux là ne couraient pas.
Ils fuyaient mon ange, ils fuyaient
Ils fuyaient si vite que sur la photo on ne les voit pas.
Ça c’était une rue,
attends, je ne sais plus.
Le ciel était si sombre que toutes les collines avaient disparu.
Tu vois là, sur ces pierres ,on peut encore y lire deux ou trois lettres.
c’était notre café là où on se disait souvent qu’un jour
on en arriverait à se parler.
Approche mon ange, regarde ce temps là.
Bien sûr ce que tu ne vois pas, ce sont les cris,
la peur et la colère.
Mais la douleur mon ange, c’est une couleur qu’on oublie pas.
C’était à tous notre temps.
Un jour toutes ces photos seront à toi.
Prends en soin mon ange,
regarde les et n’oublie pas.
et je t’en prie promets le moi :
ne les venge pas.

07.2014

La Plaque - ATOS

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