Poème 'La Robe pailletée' de Théophile GAUTIER dans 'Un douzain de sonnets'

La Robe pailletée

Théophile GAUTIER
Recueil : "Un douzain de sonnets"

Quelle toilette hier ! Une robe agrafée
D’un nœud de diamants, air tramé, vent tissu,
Où de ses doigts d’argent la lune avait cousu
Le paillon qui luisait sur la jupe étoffée !

D’étoiles en brillants négligemment coiffée,
Vous redonniez des feux à chaque éclair reçu.
Mab et Titania semblaient à votre insu
Avoir semé sur vous tout leur écrin de fée.

Sur les fils de la Vierge, aérien réseau,
Telle, dans les prés blancs, brille la goutte d’eau,
Ou la rosée aux fleurs, quand l’aube les irise.

Reste d’un deuil de cour, un trait noir circulait
Sous ce scintillement, pareil à ce filet
Qui tourne dans le pied des verres de Venise !

Avril 1869.

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Commentaires

  1. Manoir d’une enchanteresse
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    La Dame qui buvait les paroles d’Orphée
    Lui fait don d'une lyre, il n’en est point déçu ;
    Puis, pour qu’aux yeux du monde il passe inaperçu,
    L’installe dans sa chambre, or elle est bien chauffée.

    Ça ne lui faisait rien d’être un peu décoiffée,
    Toujours un invité doit être bien reçu,
    Sans déranger les dieux, ce fut à leur insu ;
    Zeus n’a pas entendu les soupirs de la fée.

    Au lever du soleil ont chanté les oiseaux,
    Ainsi qu’une grenouille au milieu des roseaux ;
    Un doux parfum de fleurs a plané dans la brise.

    Ce manoir valut bien le plus noble palais,
    Au vaillant musicien c’est cela qu’il fallait ;
    Car la plus grande Reine est une femme éprise.

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