Poème 'Le dictame' de Maurice ROLLINAT dans 'Paysages et paysans'

Le dictame

Maurice ROLLINAT
Recueil : "Paysages et paysans"

Ruminant au logis tout un passé funèbre
Où des ferments aigris de haine et de remord
Joignaient leur goût de fiel à des saveurs de mort,
J’entrais dans cette horreur où l’esprit s’enténèbre.

Quel qu’il fût, l’être humain, rien qu’avec sa présence
M’évoquant tant de mal que j’ai souffert par lui,
M’aurait envenimé. Contre un si noir ennui
Ma révolte grinçait de son insuffisance.

A la fin, je m’enfuis, je courus les vallées :
La paix de la lumière et de l’ombre mêlées
Noyait troupeau, feuillage, aux creux, sur les penchants ;

Et, guéri comme par un magique dictame,
Je compris, ce jour-là, que le calme des champs
Ramène à leur néant les chimères de l’âme.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Maurice ROLLINAT

Portait de Maurice ROLLINAT

Maurice Rollinat, né à Châteauroux (Indre) le 29 décembre 1846 et mort à Ivry-sur-Seine le 26 octobre 1903, est un poète français. Son père, François Rollinat, était député de l’Indre à l’Assemblée constituante en 1848 et fut un grand ami de George Sand. Issu d’un milieu cultivé, Rollinat se met très... [Lire la suite]

© 2024 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS