Poème 'Le chant du grillon' de Jacques PREVEL

Le chant du grillon

Jacques PREVEL

J’ai tué la petite bête noire qui chantait comme un
grelot
Je suis voué à la réprobation
J’ai supprimé la Vie
D’un coup de talon j’ai brisé une espérance de mille
années
J’ai accompli ce crime sans rien savoir de la lumière
Il ne reste qu’une aile brillante sur ma chaussure
Et moi-même triste comme un criminel
Le mal existe autour de moi et dans mes gestes
Dieu m’a donné la vie et j’ai donné la mort au chant
de Dieu
Je suis assoiffé de désirs et je n’ai pas compris
que nous sommes des aveugles.

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guillaumePrevel, ATOS et FAB ont ajouté ce poème parmi leurs favoris.

Commentaires

  1. ce poème a été écrit en juillet 1943 alors que Jacques Prével se trouvait incarcéré à la prison de le gendarmerie de St Pierre sur Dives, pour avoir encensé le poète juif Heinrich Heine en présence d'un officier allemand, il 'sen sortira après avoir été interrogé par la gestapo, avec pour sanction une interdiction de séjour dans le département du Calvados.

    Nous parlons aujourd'hui librement de poésie, gardons en mémoire que la liberté a un prix et qu'il faut se battre pour la conserver

  2. Merci pour cette précision - importante - sur la liberté des poètes & de la poésie qui n'a pas toujours été.
    La question de la "liberté d'expression" est toujours d'actualité - semble-t-il - en 2015 !

  3. à mon avis plus que jamais FAB! merci de ta lecture

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