Poème 'Le premier jour du rêve' de ATOS

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Le premier jour du rêve

ATOS

Aujourd’hui commence le premier jour du rêve.
La matière va prendre forme,
Elle n’y entrera pas.
Elle est tout en elle.
Elle seule t’informera.
Je ne dirai pas au marbre qu’il est palais.
Je forcerai le palais à dire sa beauté d’être marbre.
Et qu’il n’en est que l’objet.
Inversion des sens.
La nature fera dire à la forme ce qu’elle est.
Définition de nos essences.
Le coeur s’exprime par la forme qu’il projette.
Mais que vois tu lorsque tu me reçois ?
Que lis-tu au delà ?

Je suis en eau,
Je suis de terre,
Je suis dans l’air
Je suis en feu.

Je suis tant de larmes de cendres et de poussières emportés par les vents.
Je suis du règne des laves, du souffle, de la glaise et des torrents.

Je suis poussière.
Je suis le modèle de ce que tu veux de moi.
Éperdument
Affronte-moi
Violemment
Aveuglement
Apprends-moi.

Il n’y aura pas de combinaisons calmes des matières.
Sachons être tendres pour comprendre la paroi.
Il ne peut y avoir qu’expériences, tentatives,
Insoumissions, provocations des matières.
L’énergie naîtra du combat.
Le rêve naît de ce possible et ne crée pas l’impossible.
Le rêve écoute l’informe des matières.
Le choc idéal.
Lorsque le rêve dissout la forme, le langage peut se lire.
La forme est architecture et structure.
Statique mise en émoi.
Mais la matière est en toi.
Le mouvement donnera à la forme la dynamique qui dira la matière.
On ne peut libérer une forme sans identifier la matière qui la compose.
La création ne peut être que dynamique.
Il faut laisser la matière béante.
La laisser s’échapper, se livrer, se montrer.
Tant de mots haletants, tant de vie en matière :
L’eau coule, s’égoutte, ressurgit, emporte, se jette, s’engouffre et trace.
Le feu mange, avale, grignote, galope, enveloppe, tournoie, monte, parcourt, dévale.
La terre s’ouvre, se fend, se soulève, se ballonne, se dresse, donne et reprend.
L’air sculpte, emporte, transporte, creuse, caresse, inquiète.
Les formes sont les empreintes des matières.
Nous sommes empreintes de matière.

Je suis en eau,
Je suis de terre,
Je suis dans l’air
Je suis en feu.
Je suis tant de larmes de cendres et de poussières emportés par les vents.

Le premier jour du rêve commence là on nous quittons la forme.
Nous sommes la matière du rêve.
De la chaleur de mes eaux naissent parfums, brumes et dessins,
De mes mouvements, de ma vitesse naissent sons, absence et trop plein
De mes mains naissent vagues, verbes et ombres
De mon souffle naissent images,échos et chemins.
Matière à penser, à infléchir, à réfléchir.
Matière d’être ce que nous ne cesserons jamais.
Nous ne savions plus rêver.
La ligne cède et je déborde en toi.
Puisqu’en dehors, toute forme me contient
Le premier jour du rêve me convient.

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Commentaires

  1. merci pour cette évocation sublime et apaisée.

  2. merci à toi vval.
    Apaisée... je n'en suis pas très sûre ... : )
    c'est toujours un plaisir de lire tes textes.

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