Poème 'Le septième sceau' de ATOS

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Le septième sceau

ATOS

Viendront des soleils aux arcades puissantes. Leurs mâchoires empaleront toutes les pierres. De leurs griffes de bitume, elles traceront sur chaque fronton une veine posthume.
Nos cheminées expieront dans un gouffre de silence
Et lorsque la boue prendra les entrailles de nos ports, de la gorge de nos routes béantes,une poussière grise et sourde s’écoulera.
L’herbe se fera linceul sur une terre où pourrira la graine,
Le cœur des arbres explosera, leurs bras inertes plongeront dans leurs ombres mises en flaques.
Chaque fossé, chaque murmure, chaque silence, chaque chemin contiendra notre peur et les tessons de son danger.
Tatoués sur nos mains, fiel et venin encreront chaque trésor.
Partout le cri – Partout la fuite-Partout la cendre.
Le ciel n’y pourra rien et rien ne viendra nous reprendre.
Entrera alors en nous l’ange de la faim, chassant de nous jugement, raison, pudeur, clémence.

L’ange de la faim n’a pas d’oreille.

Il n’aura que nos ventres, nos mains et soumettra lentement le visage des hommes.

Il est voleur, menteur, assassin,

Engloutissant bois, écorce , caillou, rat, rivière, papier, linge, prairie, il lui viendra jusqu’au goût… de tous.

ll ne connaît ni maison, ni village.

Il pillera, dévastera, anéantira.

Sa langue oublie les mots. Ses yeux inventent son festin.

Il n’aura qu’un seul but : se remplir. Se remplir jour et nuit. Manger.

Il lape, il lèche, il racle, il rogne, il ronge, il salive, il suce, il rêve qu’il dévore.
Il gratte, il fouille, retourne.
Il cherche, il retourne, se plie, se cache, se détourne et porte à sa bouche la cire brûlante de son manque.
En nous , l’ange de la faim devient humain.

Puis viendra le froid par des nuits toutes blanches.
Et son silence effacera notre nom.

A l’aube renaissante, quelques hommes aux arcades puissantes se regrouperont.
Vomissant une à une les pelotes de l’ange, leurs bouches nommeront des sons et du bout d’une branche il traceront l’espoir d’un soleil.

Ils traverseront les hauts plateaux. Ils parcourront la grande plaine. Sur leurs peaux s’écouleront mille et tant, et tant de saisons.

Dans le ventre des cavernes, le regard au flambeau, ensemble, ils écriront de leur mains rouges la fin du grand sommeil.

L’ange de la faim, vers le soleil, revient.

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Commentaires

  1. Ca m'a trasporté trés loin, mais je ne sais où précisément. Trés beau.

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