Poème 'Les Bûchers' de Albert SAMAIN dans 'Symphonie héroïque'

Les Bûchers

Albert SAMAIN
Recueil : "Symphonie héroïque"

Les générations passent sous le soleil,
Sans regarder le ciel trop haut pour leurs paupières,
Bétail indifférent, végétant aux litières
Des jours de chair épaisse et d’opaque sommeil.

L’or seul, l’or luit partout, dieu sordide et vermeil.
Et les peuples obscurs, qu’effare la lumière,
Roulent à l’océan sans fond de la matière,
Larves mornes qui n’ont jamais connu l’éveil.

Alors, pour éclairer la nuit sombre des temps,
De loin en loin des coeurs, de beaux coeurs palpitants
Brûlent, torches de foi, d’amour, ou de génie.

Et l’histoire, stérile amas d’écroulements,
N’est qu’un désert peuplé de ces grands flamboiements
Par qui l’humanité s’illumine – infinie.

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Commentaires

  1. Lorraine aux vignes d'or où l'oiseau vole bas,
    Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles,
    Où le vin met au coeur de l'homme des merveilles,
    Lorraine vient de perdre un sinistre combat.
    *
    Le sombre tribunal d'opprobre la frappa
    Pour avoir remporté victoires nonpareilles.
    Tant de jours d'argutie et tant de nuits de veille ;
    On en vient au verdict : elle ne vivra pas.
    *
    Église, qu'as-tu fait de ton humble servante ?
    Pourquoi l'as-tu plongée en mortelle épouvante ?
    Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l'effaroucher ?
    *
    Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre,
    Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre,
    Et rêve en balayant les cendres du bûcher.

  2. C'est bien beau mais un peu vieux vos histoires là, à tous les deux... Florange, on en parle ? :)

  3. Brève de comptoir :

    Lakshmi Mittal va en enfer.

    Au bout de quelques mois, le diable le conduit chez Saint Pierre.

    "Prenez-moi celui-là, il m'a éteint trois fourneaux".

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Albert SAMAIN

Portait de Albert SAMAIN

Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français. Son père étant décédé alors qu’il n’avait que 14 ans, il dut interrompre ses études pour gagner sa vie et devint employé de commerce. Vers 1880, il fut envoyé à Paris, où il décida de rester.... [Lire la suite]

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