Poème 'Les Bûchers' de Albert SAMAIN dans 'Symphonie héroïque'

Les Bûchers

Albert SAMAIN
Recueil : "Symphonie héroïque"

Les générations passent sous le soleil,
Sans regarder le ciel trop haut pour leurs paupières,
Bétail indifférent, végétant aux litières
Des jours de chair épaisse et d’opaque sommeil.

L’or seul, l’or luit partout, dieu sordide et vermeil.
Et les peuples obscurs, qu’effare la lumière,
Roulent à l’océan sans fond de la matière,
Larves mornes qui n’ont jamais connu l’éveil.

Alors, pour éclairer la nuit sombre des temps,
De loin en loin des coeurs, de beaux coeurs palpitants
Brûlent, torches de foi, d’amour, ou de génie.

Et l’histoire, stérile amas d’écroulements,
N’est qu’un désert peuplé de ces grands flamboiements
Par qui l’humanité s’illumine – infinie.

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Commentaires

  1. Lorraine aux vignes d'or où l'oiseau vole bas,
    Où le fruit et la fleur séduisent les abeilles,
    Où le vin met au coeur de l'homme des merveilles,
    Lorraine vient de perdre un sinistre combat.
    *
    Le sombre tribunal d'opprobre la frappa
    Pour avoir remporté victoires nonpareilles.
    Tant de jours d'argutie et tant de nuits de veille ;
    On en vient au verdict : elle ne vivra pas.
    *
    Église, qu'as-tu fait de ton humble servante ?
    Pourquoi l'as-tu plongée en mortelle épouvante ?
    Pourquoi, de ton enfer, veux-tu l'effaroucher ?
    *
    Le bourreau, cependant, est fort heureux de vivre,
    Lui qui travaille mieux quand il est un peu ivre,
    Et rêve en balayant les cendres du bûcher.

  2. C'est bien beau mais un peu vieux vos histoires là, à tous les deux... Florange, on en parle ? :)

  3. Brève de comptoir :

    Lakshmi Mittal va en enfer.

    Au bout de quelques mois, le diable le conduit chez Saint Pierre.

    "Prenez-moi celui-là, il m'a éteint trois fourneaux".

  4. «Sunburned Ulysses», «Four Songs», III :
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    O the vines were golden, the birds were loud,
    The orchard showered, the honey flowed,
    The Venice glasses were full of wine,
    The women were geese and the men were swine,

    And the lamp then flickered over the door.
    And the gulls went screaming along the shore,
    And the wolf crept down from the milkwhite hill
    And the stars lay bright in the frozen well :

    O my world, o what have you done to me?
    For my love has turned to a laurel tree,
    The axe hangs trembling over the Isles,
    The Lyre has loosened her flaming miles,

    And the door is locked and the key is lost
    And the gulls lie stiffening in the frost
    And the drifting snow is tracked with blood
    And my love lies cold in the burning wood.

    https://archive.org/stream/in.ernet.dli.2015.186628/2015.186628.Poetry-A-Magzine-Of-Verse-volume-lii_djvu.txt

  5. Ambiquark polychrome
    -----------

    Moi, je suis plus subtil qu’un photon de soleil,
    Et si tu me voyais, tu battrais des paupières ;
    Mais, pauvre moucheron attiré par la bière,
    Tu ne vois que ton verre éclairant ton sommeil.

    Je n’envie nullement le neutrino vermeil.
    Peu digne de séduire un chercheur de lumière ;
    Je n’ai rien à cirer de la sombre matière,
    Absurdement pesante, incapable d’éveil.

    Je transcende l’espace et je nargue temps,
    Entouré du fracas d’électrons crépitants .
    Je ris d’un physicien qui se croit un génie.

    Des plumitifs sur moi bâtiront des romans,
    Mais qui ne se vendront pas trop abondamment ;
    Nul ne peut imiter ma sagesse infinie.

  6. Ambiquark polychrome ... (retouche)
    -----------

    Moi, je suis plus subtil qu’un photon de soleil,
    Et si tu me voyais, tu battrais des paupières ;
    Mais, pauvre moucheron attiré par la bière,
    Tu ne vois que ton verre éclairant ton sommeil.

    Je n’envie nullement le neutrino vermeil.
    Peu digne de séduire un chercheur de lumière ;
    Je n’ai rien à cirer de la sombre matière,
    Absurdement pesante, incapable d’éveil.

    Je transcende l’espace et je nargue le temps,
    Entouré du fracas d’électrons crépitants ;
    Je ris d’un physicien qui se croit un génie.

    Des plumitifs sur moi bâtiront des romans,
    Mais qui ne se vendront pas trop abondamment ;
    Nul ne peut imiter ma sagesse infinie.

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