Poème 'Le Laboureur' de Albert SAMAIN dans 'Aux flancs du vase'

Le Laboureur

Albert SAMAIN
Recueil : "Aux flancs du vase"

Mars préside aux travaux de la jeune saison ;
A peine l’aube errante au bord de l’horizon
Teinte de pâle argent la mare solitaire,
Le laboureur, fidèle ouvrier de la terre,
Penché sur la charrue, ouvre d’un soc profond
Le sein toujours blessé, le sein toujours fécond.
Sous l’inflexible joug qu’un cuir noue à leurs cornes,
Les bœufs à l’œil sanglant vont, stupides et mornes,
Balançant leurs fronts lourds sur un rythme pareil.
Le soc coupe la glèbe et reluit au soleil,
Et dans le sol antique ouvert jusqu’aux entrailles
Creuse le lit profond des futures semailles…
Le champ finit ici près du fossé bourbeux ;
Le laboureur s’arrête, et dételant ses bœufs,
Un instant immobile et reprenant haleine,
Respire le vent fort qui souffle sur la plaine ;
Puis, sans hâte, touchant ses bœufs de l’aiguillon,
Il repart, jusqu’au soir, pour un autre sillon.

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Commentaires

  1. C'est Virgile!

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Albert SAMAIN

Portait de Albert SAMAIN

Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français. Son père étant décédé alors qu’il n’avait que 14 ans, il dut interrompre ses études pour gagner sa vie et devint employé de commerce. Vers 1880, il fut envoyé à Paris, où il décida de rester.... [Lire la suite]

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