Poème 'Les cons et les pessimistes – Satire 1' de charlentoine

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Les cons et les pessimistes – Satire 1

charlentoine

« Pour être optimiste, c’est pas dur : il faut être con. On est ou pessimiste, ou con. Je préfère encore être pessimiste qu’être con ».
François CAVANNA

Pour lui, l’Humanité se partage en deux camps,
Clairement dessinés et tout deux pratiquants :
A l’engeance des cons, les premiers de la liste,
Répond à jeu égal celle des pessimistes ;
Si les uns sont contents de s’entendre et se voir,
Pour les autres, toujours : c’est du gris ou du noir.
Il est mort à présent, mais son message en friche,
Pour être un peu concis n’en reste pas moins riche ;
Et chacun, soucieux de la quête de soi,
Peut y trouver aussi l’écho que je reçois.
Ceci dit, au-delà de l’idée générale,
Qui décrit notre temps de façon magistrale,
Pour mon cas personnel, le débat est curieux
Et me conduit toujours à penser au milieu !
J’hésite, je l’avoue, c’est incompréhensible,
A choisir mon parti entre les deux possibles.
C’est que je suis des deux : et pessimiste et con,
Et rechigne à franchir, d’un bond, le Rubicon !
Je veux, à tout moment, que chacun me remarque :
C’est bien là, je le crois, chez les cons une marque !
Je peux parler de tout, longtemps, sans réfléchir,
N’admirer que les gens qui ont su s’enrichir ;
Je fête Valentin, Noël, la bonne année,
Je fais pour mes amis des feux de cheminée ;
On ne saurait mieux dire enfin : je suis des leurs,
Et partage en tout point ce qui fait leurs valeurs !
Mais dans ce seul état n’est pas tout mon bien-être,
Le nier me vaudrait de passer pour un traître ;
Pessimiste je suis, avec délectation,
Comme l’étaient aussi ceux de ma filiation :
Je suis jaloux de tout et du parfum des roses,
Et doute quand j’entends les propos que j’expose ;
Je vois le mal partout : quand on me dit bonjour,
Quand le ciel est trop bleu, quand on parle d’amour ;
Je n’attends rien de bon et presque tout m’oppresse !
N’est-ce pas là aussi tenir de l’autre espèce ?
D’aucuns pourront trouver le mélange vicieux,
Craindre que je ne sois malade et contagieux,
Car si chacun veut bien que d’un mot on le traite,
Etre bi est pour lui comme une chose abstraite ;
L’on demeure entre soi, et l’on s’y reproduit,
Et l’enfant, tout petit, d’un seul art est instruit !
Ainsi, je suis ici l’exception au principe,
Une sorte de cas, disons, de prototype ;
Je m’accommode assez de cet état médian,
Qui trouve à s’affiner à mesure des ans,
En explorant profond les vertus respectives
De la double injonction qui m’est constitutive !
Et qui sait si je suis – sans même le savoir -
Pour des peuples entiers, une lueur d’espoir
En ouvrant devant eux comme un espace en friche,
Qui les fera plus beaux et peut-être plus riche !
C’est en réconciliant les deux anciens rivaux,
En croisant leur talent, en haussant leur niveau,
Que je vois s’ériger l’Homme du nouvel âge,
Qui sera sombre et con et fier de son image !

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Commentaires

  1. Moi c'était la chambre. " au lieu de faire tes bêtises, va ranger ta chambre" me disait ma mère en 1972. Depuis cette réflexion, pleine de sagesse, ma poésie me rend pessimiste quoique par nature optimiste, j'alterne confusément entre ces deux états d'esprits.. Comme un con en somme et ma chambre est toujours un foutoir organisé... sans rire, j'aime beaucoup

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