Les Nautoniers
Les Amours plus mignards à nos rames se lient,
Les Tritons à l’envi nous viennent caresser,
Les vents sont modérés, les vagues s’humilient
Par tous les lieux de l’onde où nous voulons passer.Avec notre dessein va le cours des étoiles,
L’orage ne fait point blêmir nos matelots,
Et jamais alcyon sans regarder nos voiles
Ne commit sa nichée à la merci des flots.Notre Océan est doux comme les eaux d’Euphrate,
Le Pactole, le Tage, est moins riche que lui,
Ici jamais nocher ne craignit le pirate,
Ni d’un calme trop long ne ressentit l’ennui.Sous un climat heureux, loin du bruit du tonnerre,
Nous passons à loisir nos jours délicieux,
Et là jamais notre oeil ne désira la terre,
Ni sans quelque dédain ne regarda les cieux.Agréables beautés pour qui l’Amour soupire,
Eprouvez avec nous un si joyeux destin,
Et nous dirons partout qu’un si rare navire
Ne fut jamais chargé d’un si rare butin.
Théophile de VIAU
Théophile de Viau, né entre mars et mai 1590 à Clairac et mort le 25 septembre 1626 à Paris, est un poète et dramaturge français. Poète le plus lu au XVIIe siècle, il sera oublié suite aux critiques des Classiques, avant d’être redécouvert par Théophile Gautier. Depuis le XXe siècle, Théophile de Viau est défini... [Lire la suite]
- Maintenant que Cloris a juré de me plaire...
- Élégie. A Monsieur de Pezé
- Qui que tu sois, bien grand et bien heureux...
- A feu Monsieur de Lozières
- Vos rigueurs me pressaient d'une douleur si...
- Qui voudra pense à des empires...
- Maintenant que Philis est morte...
- Enfin mon amitié se lasse...
- Je pensais au repos, et le céleste feu...
- Esprits qui connaissez le cours de la...




Commentaires
Aucun commentaire
Rédiger un commentaire