Poème 'Les Songeants' de Jean RICHEPIN

Les Songeants

Jean RICHEPIN

Dans le pays on les appelait les Songeants.
À force d’être ensemble ayant mine pareille,
On eût dit deux sarments, secs, de la même treille.
C’était un vieux marin et sa femme, indigents.

Ils se trouvaient heureux et n’étaient exigeants ;
Car, elle, avait perdu la vue, et lui, l’oreille.
Mais chaque jour, à l’heure où le flux appareille,
Ils venaient, se tenant par la main, bonnes gens,

Et demeuraient assis sur le bord de la grève,
Sans parler, abîmés dans l’infini d’un rêve,
Et jusqu’au fond de l’être avaient l’air de jouir.

Ainsi de leurs vieux ans ils achevaient la trame,
Le sourd à voir la mer, et l’aveugle à l’ouïr,
Et tous deux à humer son âme dans leur âme.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

Jean RICHEPIN

Portait de Jean RICHEPIN

Jean Richepin, né à Médéa (Algérie) le 4 février 1849 et mort à Paris le 12 décembre 1926, est un poète, romancier et auteur dramatique français. Ce poète turbulent, fils d’un médecin militaire originaire d’Ohis (Aisne), eut dans sa jeunesse une réputation de « fort en thème », ce qui lui permit de faire de... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto