Poème 'A Hermès Criophore' de José-Maria de HEREDIA dans 'Les Trophées'

A Hermès Criophore

José-Maria de HEREDIA
Recueil : "Les Trophées"

Pour que le compagnon des Naïades se plaise
A rendre la brebis agréable au bélier
Et qu’il veuille par lui sans fin multiplier
L’errant troupeau qui broute aux berges du Galèse ;

Il faut lui faire fête et qu’il se sente à l’aise
Sous le toit de roseaux du pâtre hospitalier ;
Le sacrifice est doux au Démon familier
Sur la table de marbre ou sur un bloc de glaise.

Donc, honorons Hermès. Le subtil Immortel
Préfère à la splendeur du temple et de l’autel
La main pure immolant la victime impollue.

Ami, dressons un tertre aux bornes de ton pré
Et qu’un vieux bouc, du sang de sa gorge velue,
Fasse l’argile noire et le gazon pourpré.

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Commentaires

  1. Cérémonie propitiatoire
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    Le barde chante un air auprès de la falaise ;
    Le vent rythme ses mots par des coups de bélier
    Que, turbulent ce jour, il veut multiplier.
    Le soleil déclinant semble une rouge braise.

    Le barde, bien vêtu, dans ce souffle est à l’aise,
    Comme un petit poisson au fleuve hospitalier ;
    Il chante pour le peuple un récit familier
    Sur un air qui évoque une ballade anglaise.

    Il chante les conflits des nobles Immortels,
    La lourde chair des boeufs posés sur les autels
    Sans que soit leur querelle, à la fin, résolue ;

    Le vin que boit le prêtre, attablé dans un pré,
    D’une amphore au clergé saintement dévolue,
    Lui faisant, quelque peu, le visage empourpré.

  2. Agneau de Lilith
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    À ma douce maîtresse il semble que je plaise,
    Qui vante les talents de son petit bélier ;
    Souvent elle m’offrit des pommes du cellier,
    Tendres sous une peau rouge comme la braise.

    Dans son nouveau jardin je peux brouter à l’aise,
    Les ombrages y sont assez hospitaliers ;
    Nous écoutons la voix d’un serpent familier
    Qui vient au potager pour grignoter des fraises.

    Aucun animal n’a rêvé d’être immortel,
    Ni d’être offert à Dieu sur un barbare autel ;
    À tous nous épargner Lilith est résolue.

    Je suis presque assuré de vieillir dans mon pré
    Sans que ma laine soit à d’autres dévolue ;
    Nul couteau par mon sang ne doit être empourpré.

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José-Maria de HEREDIA

Portait de José-Maria de HEREDIA

José-Maria de Heredia (né José María de Heredia Girard 1842-1905) est un homme de lettres d’origine cubaine, naturalisé français en 1893. En tant que poète, c’est un des maîtres du mouvement parnassien, véritable joaillier du vers. Son œuvre poétique est constituée d’un unique recueil, « Les... [Lire la suite]

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