Poème 'Lettre à Nâzim – II' de ATOS

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Lettre à Nâzim – II

ATOS

Eaubonne, le 30 novembre 2013 – Lettre à Nâzim – II

Ce que tu nommes espoir, Nâzim, est ce là le rêve?
A te lire, je comprends que le rêve porte l’espoir mais qu’il ne doit pas en être le maître.
C’est peut être comme cela qu’on ne s’égare pas. Nous nous égarons souvent. A croire que nos rêves contiennent le tracé de nos routes. Mais c’est l’espoir qui est le maître. Et le rêve est son compagnon de route. Nos rêves changent, mais l’espoir reste toujours le même.
Un rêve sans espoir, c’est une fausse route. Mais que serait l’espoir, Nâzim, que serait l’espoir sans quelques compagnons de route?
A te lire, ce matin, je pensais à tes matins, à vos matins, là-bas. Je relis ton poème où les bruits et les odeurs qui vous entourent ne font qu’appeler les sons et les parfums qui vous manquent. La réalité appelle le rêve. Il t’est venu parce que l’espoir ne te quitte plus. Et ce rêve, par tes textes, nous visite. L’espoir, par la mémoire de ce rêve, nous dit les jours d’attente mais nous parlent aussi de ces matins de miel. Qui chaque jour versent dans nos mains la douceur d’être pour que nous puissions connaître le meilleur qui est en chacun de nous.
Il nous faut ouvrir les mains Nâzim, pour comprendre ce qui existe bien plus que ce qu’il nous manque.
Parce que j’écoute les grilles, parce que je respire l’odeur des chairs, parce que je touche l’absence des mots, parce que je vois tout cela, je me souviens de ce qui est.On perd quelques souvenirs, mais la mémoire nous est toujours fidèle.
Un rêve, Nâzim, un rêve, pour porter l’espoir et que nous le menions au delà de nous.
Ne laissons pas l’absence devenir le soupir d’une présence, mais inspirons en nous la présence de toute chose. C’est un exercice de vie, mon frère, je vais tenter d’y exercer ma pensée.
Alors, il faut rêver, oui, rêver, et puis songer peut-être. Et alors penser à tout ce qui est de nous, et ne jamais craindre ce qu’il en restera. C’est là notre réalité, et là toute notre poésie.
Un homme qui rêve n’est plus vraiment prisonnier. Et même avec des fers à ses pieds, un homme qui rêve n’oubliera jamais comment il lui convient de marcher.
L’espoir lui montre, lui rappelle l’allure, la majesté, la rapidité de ses pas. Un homme qui rêve dans sa prison est un homme libre qui demain chantera la vie à grands pas.
Voilà , Nâzim, ce que ce matin, il m’est venu après la lecture de tes deux derniers poèmes. Tu vois les mots te sont revenus, et ils sont arrivés jusqu’à moi.
Ta prochaine lettre devrait me parvenir dans la journée, je crois. C’est un rêve, Nâzim qui porte l’espoir que j’ai de te savoir toujours écrire,… même là bas.

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