Poème 'L’insignifiant' de ATOS

L’insignifiant

ATOS

Qu’il y a t il de plus misérable que de voir son corps
s’effacer ?
Qu’il y a t il de plus injustice que de se voir disparaître ?

Ne plus être ne peux se concevoir.
Alors nous tenons.
Nous tenons et marchons.
Valeur de l’abandon ?
Pension de souvenirs.
Longue paille vaudrait elle ce tourment ?
Il faudrait donc se donner raison d’avoir si peu risquer.
Étouffoir.
Là commence le mal,
Là commence l’acceptation,
La marche vers cet autre.
L’autre qui vous emportera, vous engloutira.
Mais ce n’est pas vous ce gisant,
Ce n’est pas vous cette humeur,
Ce n’est pas vous cet animal râlant,
Ce reptile perdu égaré apeuré, tremblant, insignifiant.
Se disperser, se dissoudre dans sa chair et de sa propre
mémoire.
Entrer dans la chair de cet autre, cet autre qui n’est pas,
qui ne fut jamais ,et qui ne sera… jamais,
Vous voilà donc dans cet autre, enfermé, emmuré,
condamné dans cet autre.
Un masque lourd recouvre toutes lèvres.
On se tait devant l’ampleur de la sape.
N’étayez aucune hypothèse.
Vous êtes en sable mouvant.
La nuit annonce le mensonge.
Et cela durera.
Cela durera pour que les autres puissent se conforter.
Se Réconforter en caressant la panse de leur bêtise.
C’est donc cela vieillir.
C’est offrir aux autres le plaisir de vous voir partir,
Ces autres qui longent le quai.
Le tour de barque n’est pas encore pour eux.
Ils prennent pourtant leur ticket.
Leur autre pourtant guette déjà.
Pas maintenant !
Peut être…
Le mérite devrait se mesurait à la longueur d’une route ?
Stupidité.
Le mérite serait de ne pas mendier l’hospitalité de cet
autre.
Cet autre, ce damné.
La vie se putréfie.
Belle peau, belle âme, tout s’arrache peu à peu.
Vous voilà fragile, éructant la violence, puisque la
puissance vous a quitté.
On goutte et on s’écoule on s’écaille, on s’ébrèche.
Douleurs, plaies, odeurs, angoisse, misères d’un
naufrage depuis toujours commencé.
Il nous faudrait donc accepter.
L’enfer est.
Vous voilà arrivés.
Futile objet.
Tout vous est compté.
Toute parole est un chapelet.
Mais il n’y a point de prière,
Il n’y a que l’écho.
L’écho des coups de la hache du temps qui tranche un à
un les filins.
Mille Radeaux quittent la coque du navire fantôme.
Je ne veux pas de cet autre.
Il ne me mérite pas.
Je ne le connais pas.
Il n’est pas, et ne m’obtiendra pas.
Je préfère le fossé plutôt que le chemin.
J’ai le choix.
Il faudra juste que je saisisse le temps.
Que je quitte la place à l’instant même où l’autre
risquerait d’être plaisant.
La complaisance n’est qu’ impuissance.
J’observerai les signes.
Je prendrai mon temps.
Je reste entièrement.
Je ne deviendrai pas vestige.
Je lèverai le camp d’un coup de sang.
Pour mon plaisir et ma Raison de vivre.
Moi, seule, donne le mouvement.
Ni formole, ni promesse de sagesse.
Moi, seule, décideras de l’instant.
Saisir la seconde, ne pas se soumettre à l’usage du
temps.
Je suis présent.
L’autre est répugnant.
Je vous assure : N’ y tenez pas tant.
Je choisis d’ignorer l’insignifiant.

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