Poème 'Mes amis' de ATOS

Mes amis

ATOS

Mes amis sont en écrit.
Il tiennent parole aussi fort qu’à toute vie.
Ils nomment le dit : tempête, passion, parfois folie.
Ils nous tendent un peu ce qu’en d’autres ailleurs, en somme,
il se dit.
Ils ont l’accent de nos silences qu’ils traînent en patience.
Fragiles en avenue, ils savent être féroces devant nos retenues.
Ils connaissent des pluies étranges, la lame de notre rire,
et la grande main qui traverse nos fronts.
Amants de la détresse, passionnés de l’étrange,
ils drapent ce qui se montre,
et dévoilent ceux qui se cachaient.
Bohémiens de nos matins, il sont magiciens dans l’âme.
Ils assemblent en résidence tant de secrets.
Ils ont l’impudeur d’êtres sages et l’assurance des sommets.
Il nous disent dans le retour de leur flamme des amours étrangers,
des oiseaux blancs aux ailes écorchées, le blé de notre sang,
le parfum de notre ciel, et toutes nos herbes abandonnées.
Comprenant l’urgence du besoin, et redoutant la loi de nos nécessites,
ils tracent sur des vélins la légende des sans parole à qui l’on refuse,
au seuil d’un soleil, un morceau de papier.
Ils agitent leurs plumes pour appeler l’inespéré.
Léchant du bout du rêve les lèvres de la terre, de leurs mots à notre bouche,
ils nous donnent l’espoir qu’en nos mémoires ils font germer.
Ils entrent dans le lit des rivières, arpentent le désert, greffent des charmes,
bouturent le regret, tiennent discours du haut d’un astre, arraisonnent des
palais, embrassent la cité, égorgent notre peine dans le bris de nos chaînes.
Ils ferrent avec fierté le devoir au chapitre, quant à son droit…
pour tous ils le revendiquent !
Au chevet d’un homme, on a pu voir, durant des siècles d’orage,
leur écoute compter toutes ses gouttes.
Ils plongent leurs griffes dans le fleuve de la nuit
et laissent sur leur passage le souvenir qu’il prennent doucement de nous.
Ceux que j’aime sont en écrit.
Avant cela, rien n’aurait su être dit.

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