Poème 'Nobles et valets' de Gérard de NERVAL dans 'Odelettes'

Nobles et valets

Gérard de NERVAL
Recueil : "Odelettes"

Ces nobles d’autrefois dont parlent les romans,
Ces preux à fronts de boeuf, à figures dantesques,
Dont les corps charpentés d’ossements gigantesques
Semblaient avoir au soi racine et fondements ;

S’ils revenaient au monde, et qu’il leur prît l’idée
De voir les héritiers de leurs noms immortels,
Race de Laridons, encombrant les hôtels
Des ministres, – rampante, avide et dégradée ;

Êtres grêles, à buscs, plastrons et faux mollets : -
Certes ils comprendraient alors, ces nobles hommes,
Que, depuis les vieux temps, au sang des gentilshommes
Leurs filles ont mêlé bien du sang de valets !

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Commentaires

  1. Le Valet Jaune a pris la carte où la sirène
    S'apprête à consulter la sorcière des mers ;
    Le Valet Mauve a pris celle où le lézard vert
    Sur sa guitare joue pour l'amour d'une reine.

    Pour le Valet Orange, un bateau sur la Seine ;
    Pour le Rouge, une cage aux fins barreaux de fer
    Dans laquelle un grillon récite du Prévert.
    Le Valet Rose hésite entre la marjolaine

    Et le catoblépas, puis prend le tamanoir.
    Le Maître a conservé, aux tréfonds d'un tiroir,
    Cinq fidèles copies de ces cartes étranges.

    Mais ce tiroir magique altère les dessins,
    Tandis que les valets permutent, à dessein,
    Les cartes qui sont leurs, en de nombreux échanges.

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