Poème 'Notre-Dame de Paris' de Gérard de NERVAL dans 'Odelettes'

Notre-Dame de Paris

Gérard de NERVAL
Recueil : "Odelettes"

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
- Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

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Commentaires

  1. Petit temple
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    – Notre temple est instable ; on dirait qu’il s’apprête
    À dévaler la route, ainsi, tout d’une traite ;
    Nul fidèle en un jour ne s’en est approché,
    Ils s’en tiennent fort loin, tant leur angoisse est lourde,
    Et j’éprouve, moi-même, une inquiétude sourde.
    Nous aurions dû l’ancrer, plutôt, sur un rocher.

    — N’avons-nous point béni la brasseuse de miel
    Le poisson de la mare et les astres du ciel ?
    Ils nous protègeront dans ce temps difficile ;
    Jamais ces protecteurs ne nous donneront tort,
    Car nous n’avons rien fait qui mérite la mort.

    — Sauf de bâtir maison sur un grand crocodile.

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