Poème 'Nos linges' de ATOS

Nos linges

ATOS

Écrire un corps
décrire , dés-écrire, réinscrire.
Penser mon corps.
Pensez, donc, un corps ! Mon corps,
Ce corps, cet alphabet
imaginez !
pensé comme pièce oubliée.
Un souvenir enfoui
emmuré.

Écrire pour soulever la dalle,
retourner la face, ouvrir un corps
emboîter sa langue.
Pavillon passe poitrail
écouter
mon corps ne se refuse pas à dire
il guette le silence qui lui plait.
Il sait parler.
Se taire. Oublier. …Effacer…
…Vous souriez.

Les siècles m’ont appris à patienter.

parle – ne te tais pas – reviens
écoute ma caresse
j’ai aimé
sans armure, sans pudeur
sans rien demander sans me projeter
sans même questionner
sans conceptualiser
sans évaluer , élaborer, sans juger
recevoir donner donner au-delà
par débordement , par peur de suffoquer
donner à respirer , prononcer chaque don
comme une lettre, une proposition, une remontée,
un rêve .

J’ai aimé – J’aime – J’aimerai.
Ma seule trinité.
mon corps se charge
il a vu,
tremblant brûlant il a vécu
fulgurance de joie
pulsion de chair , pulsation de lumière
donnant ballant volcan
versant renversant
Une vérité s’est déchirée
l’œil s’est ouvert
chaque membrane est un tambour
Aucun pardon juste un son
Ecoute son vertige
voyant, illes se donnent
un nom à refuser le pire
un rire pour un non
le pire c’est céder, plier, se taire
forcer ses lèvres au silence
oublier, effacer
non. j’ai aimé
leur non enchaînait mon nom
à tel force à tel point
que cela te faisait prendre peur,
te faisait prendre haine
à perdre haleine
parce que ce langage que j’ exprime
ma jouissance ce râle que j’expulse
ce cri déchire tous les lois,
ce cri dehors d’un ventre
/ chair sang cri larme/
matière à jouir à penser phénoménal
c’est mon cri et c’est un cri de joie
Il arrache toutes les portes
c’est courant, frôlant,
Je nous aime
en pensant l’autre
mon égale
Je nous regarde
ni moitié ni tout
un être singulier, toi
un unique désirant,moi
baisant pensant caressant
autre en toi autre de moi
dire mon corps c’est écrire l’autre
parler de nos corps c’est dire l’entrejambe
de nos langues
bouche à lèvres
langue dans l’encre
mot à mot lire
le goût de la peau
Mon corps porte ses traces
nue, neutre,
ni terre ni ciel, à mots ouverts
peut être un peu de sable
un souffle, poussière ou terre
une fiction , une carte,
à chœur , aux poings,
par poignées de phrases
debout, hurlant
mon corps est une vague
Je peux laisser passer ses navires
j’ inventerai une autre route
créer d’ amour
vivre de jouir
tu es ma page
je suis un livre
c’est un non d’un même nom
ni tabou
ni légende
ni mât
ni pieu
ni caverne
ni totem,
je suis oiseau
cerne sous mes ils.
illes sous mes elles
Nous sommes oiseaux.

Je prends l’air.
entre la lumière et ma bouche
il y a cette empreinte
Une main et ses cinq lettres .
Chut…
Je pose mes mains sur tes mains
la neige transpire, sur tes paupières
Elle trempe mes lèvres dans le ciel
Écoute…
Nos corps sont au soleil d’un repos.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS