Poème 'Passage' de ATOS

Passage

ATOS

Ils étaient là, incapables de formuler ce qui devant eux se mettait à exister.
Ils étaient nombreux, inertes, muets, plantés dans leur détresse qui ne faisait que répondre à l’ignorance où ils se trouvaient.
Leur effroi ne provenait pas de ce qu’ils voyaient, mais de cette perception assourdissante qu’il leur criait que tout ce qu’ils avaient construit, mené, élevé, protégé, craint, vénéré jusqu’alors, absolument tout ce qu’ils avaient tenus dans leurs mains, au creux de leur intelligence, dans les plis et replis de leur cœur, tout cela venait de perdre dans cet instant le sens qu’ils avaient tenté de lui donner.
Il étaient là devant ce qui s’imposait.
L’idée qu’ils se donnaient d’eux mêmes disparaissait.
Ils sentaient que se déchirait en eux l’espace sur lequel plus rien ne semblait reposer.
Lorsqu’il les traversa, leur cri brisa l’effroi.
Ils étaient là et existaient.

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