Poème 'Silence' de René-François SULLY PRUDHOMME dans 'Les vaines tendresses'

Silence

René-François SULLY PRUDHOMME
Recueil : "Les vaines tendresses"

La pudeur n’a pas de clémence,
Nul aveu ne reste impuni,
Et c’est par le premier nenni
Que l’ère des douleurs commence.

De ta bouche où ton coeur s’élance
Que l’aveu reste donc banni !
Le coeur peut offrir l’infini
Dans la profondeur du silence.

Baise sa main sans la presser
Comme un lis facile à blesser,
Qui tremble à la moindre secousse ;

Et l’aimant sans nommer l’amour,
Tais-lui que sa présence est douce,
La tienne sera douce un jour.

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Commentaires

  1. Est-il un filigrane, ô Toile, pour tes pages ?
    Le silence en est un, ai-je lu aujourd'hui,
    Silence où le regret en douceur s'introduit
    Comme un bruit de cascade au profond des ombrages.
    *
    Le temps, heure après heure, a tissé un voilage
    Pour occulter l'éclat dont mes jours et mes nuits
    Furent illuminés. Ce charme qui s'enfuit
    Laissera-t-il en moi un signe de passage ?
    *
    Les cicatrices qui sur notre corps perdurent,
    Marquent le souvenir des anciennes blessures ;
    A force de les voir, on ne les perçoit plus.
    *
    L'écrit le plus charmant n'est pas toujours lisible,
    L'essentiel a pour lot de rester invisible.
    Un filigrane est là, personne ne l'a lu.

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René-François SULLY PRUDHOMME

Portait de René-François SULLY PRUDHOMME

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. Fils d’un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte,... [Lire la suite]

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