Poème 'La chanson de l’air' de René-François SULLY PRUDHOMME dans 'Stances et poèmes'

La chanson de l’air

René-François SULLY PRUDHOMME
Recueil : "Stances et poèmes"

A l’Air, le dieu puissant qui soulève les ondes
Et fouette les hivers,

A l’Air, le dieu léger qui rend les fleurs fécondes
Et sonores les vers,

Salut ! C’est le grand dieu dont la robe flottante
Fait le ciel animé ;

Et c’est le dieu furtif qui murmure à l’amante :
« Voici le bien-aimé. »

C’est lui qui fait courir le long des oriflammes
Les frissons belliqueux,

Et qui fait voltiger sur le cou blanc des femmes
Le ruban des cheveux.

C’est par lui que les eaux vont par lourdes nuées
Rafraîchir les moissons,

Qu’aux lèvres des rêveurs s’élèvent remuées
Les senteurs des buissons.

Il berce également l’herbe sur les collines,
Les flottes sur les mers ;

C’est le breuvage épars des feuilles aux poitrines,
L’esprit de l’univers.

Il va, toujours présent dans son immense empire
En tous lieux à la fois,

Renouveler la vie à tout ce qui respire,
Hommes, bêtes et bois ;

Et dans le froid concert des forces éternelles
Seul il chante joyeux,

Errant comme les coeurs, libre comme les ailes,
Et beau comme les yeux !

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Commentaires

  1. C'est l'amitié qui fait, dans sa bonté profonde,
    Qu'on n'a pas froid l'hiver.
    *
    Et c'est elle qui rend la parole féconde
    Et flamboyants les vers.
    *
    C'est elle qui nous guide en cette vie flottante,
    En ce monde animé.
    *
    C'est par elle qu'un coeur se souvient d'une amante
    Ou d'un coeur bien-aimé.
    *
    C'est elle qui fait battre au gré des oriflammes
    Les regards belliqueux,
    *
    Et qui fait voltiger sur le cou blanc des femmes
    Les algues des cheveux.
    *
    Par elle, les chagrins sont en lourdes nuées
    Livrés à la moisson.
    *
    Les phrases d'un ami nous viennent, remuées,
    Comme autant de frissons.
    *
    L'amitié nous conduit sur les noires collines
    Ou sur la vaste mer.
    *
    C'est le murmure ardent de la source divine,
    L'esprit de l'univers.
    *
    C'est la joie qui grandit dans son immense empire,
    En tous lieux à la fois,
    *
    Redonnant la confiance à tout ce qui respire,
    Et à tout ce qui voit.
    *
    Et dans le froid concert des forces éternelles,
    Porter un chant joyeux,
    *
    Sautant comme un danseur, vibrant comme des ailes,
    Et beau comme des yeux !

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René-François SULLY PRUDHOMME

Portait de René-François SULLY PRUDHOMME

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. Fils d’un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte,... [Lire la suite]

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