Poème 'Trompe de lune' de ATOS

Trompe de lune

ATOS

Un rayon trompe de lune posé sur le bord d’un trottoir
d’un appel , d’un néon, d’une grille,
plus loin
d’une affiche
Plus haut
d’un murmure
Plus bas
c’est un mur.

La ville revient croire
Elle a quatre heures
le carré dans son astre pointe son quart
à chaque témoin du soir se nouent les retors de l’histoire.

D’une caresse d’orage dans un canal de mémoire
tu viens planter un doigt dans l’oeil du monde
qu’il tombe qu’il roule qu’il s’ouvre
un peu plus loin
un peu plus bas
et puis il fermera sa chambrée sans doute.
Une lampe lui servira de source.

Tomber du puits
à demi jour et tour à tour
et de ses dents sur le carreau
un voyage de commerce creuse sa route
il repointe la mine.
Son rail dessine sa bouche
ta parole se réglisse
se glisse,
se lisse…
Marche de pieds
Bon jour en chaussée
le soir en poing de côté
Ton œil pioche sa monnaie

Tu n’as pas idée de la nuit
Ni de sa place,
ni de son île
La penser serait un peu l’aimer

Ton œil s’est fermé
il tourne autour du vide
comme cette pièce de monnaie.
Il n’écoute rien de la musique

De tes mains tu parles de hasard.
et de tes rêves…de tes rêves ?
Qui peut vraiment savoir sans se douter ?

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