Poème 'A George Sand (III)' de Alfred de MUSSET dans 'Poésies posthumes'

A George Sand (III)

Alfred de MUSSET
Recueil : "Poésies posthumes"

Puisque votre moulin tourne avec tous les vents,
Allez, braves humains, où le vent vous entraîne ;
Jouez, en bons bouffons, la comédie humaine ;
Je vous ai trop connus pour être de vos gens.

Ne croyez pourtant pas qu’en quittant votre scène,
Je garde contre vous ni colère ni haine,
Vous qui m’avez fait vieux peut-être avant le temps ;
Peu d’entre vous sont bons, moins encor sont méchants.

Et nous, vivons à l’ombre, ô ma belle maîtresse !
Faisons-nous des amours qui n’aient pas de vieillesse ;
Que l’on dise de nous, quand nous mourrons tous deux :

Ils n’ont jamais connu la crainte ni l’envie ;
Voilà le sentier vert où, durant cette vie,
En se parlant tout bas, ils souriaient entre eux.

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Commentaires

  1. Moulin du tsar
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    Le tsar, maître du monde, il est seigneur du vent ;
    Quant à nous, qui allons où le vent nous entraîne,
    Nous portons bravement notre nature humaine,
    Nous, les simples mortels, nous, les petites gens.

    Le tsar possède un grand moulin dans son domaine
    Où nous portons le blé au long de la semaine,
    Tout ce que nous avons, et quel que soit le temps ;
    Le tsar donne du pain, car il n’est pas méchant.

    Il donne la brioche à ses belles maîtresses,
    Paysannes du coin qui charment sa vieillesse ;
    Créateur et Démon le bénissent tous deux.

    Aux ennemis du tsar le moulin fait envie,
    Car ils n’ont jamais eu, de toute cette vie,
    Que du mauvais pain noir qu’ils partagent entre eux.

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