Poème 'Le Rhin' de Alfred de MUSSET dans 'Poésies posthumes'

Le Rhin

Alfred de MUSSET
Recueil : "Poésies posthumes"

Ô Rhin, sais-tu pourquoi les amants insensés,
Abandonnant leur âme aux tendres rêveries,
Par tes bois verdoyants, par tes larges prairies
S’en vont par leur folie incessamment poussés ?

Sais-tu pourquoi jamais les tristes railleries,
Les exemples d’hier, ni ceux des temps passés,
De tes monts adorés, de tes rives chéries,
Ne les ont fait descendre et ne les ont chassés ?

C’est que, dans tous les temps, ceux que l’homme sépare
Et que Dieu réunit iront chercher les bois,
Et des vastes torrents écouteront les voix.

L’homme libre viendra, loin d’un monde barbare,
Sur les rocs et les monts, comme au pied d’un autel,
Protester contre l’homme en regardant le ciel.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. 鱼子 === Maître Yu
    -------------------

    Je lisais, l'autre soir, un ouvrage insensé,
    Bien propice au délire et à la rêverie :
    Ça parlait d'un vieux sage errant par les prairies,
    D'un grand maître chinois, d'un vieux fou du passé.

    Il était amusant, sans nulle raillerie;
    S'il voyait un baron, par son orgueil poussé,
    Qui voulût en grandeur les autres dépasser,
    Il feignait d'épouser sa folle songerie

    De guerres, de châteaux et de combats sans lois ;
    Puis il épiloguait, de sa plaisante voix,
    Montrant la vanité d'une ambition frivole.

    Le baron, bien souvent, reconnaissant au ciel,
    En place d'un palais, faisait faire un autel,
    Au grand soulagement des maçons bénévoles.

  2. My darling, I'm waiting for you — how long is a day in the dark, or a week?
    The fire is gone now, and I'm horribly cold. I really ought to drag myself outside but then there would be the sun. . .
    I'm afraid I waste the light on the paintings and on writing these words. We die, we die rich with lovers and tribes, tastes we have swallowed, bodies we have entered and swum up like rivers, fears we have hidden in, like this wretched cave.
    We are the real countries, not the boundaries drawn on maps with the names of powerful men. I know you will come and carry me out into the palace of winds. That's all I've wanted — to walk in such a place with you, with friends, on earth without maps...

Rédiger un commentaire

© 2018 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS