Poème 'Sonnet : A Madame ***' de Alfred de MUSSET dans 'Poésies posthumes'

Sonnet : A Madame ***

Alfred de MUSSET
Recueil : "Poésies posthumes"

Jeune ange aux doux regards, à la douce parole,
Un instant près de vous je suis venu m’asseoir,
Et, l’orage apaisé, comme l’oiseau s’envole,
Mon bonheur s’en alla, n’ayant duré qu’un soir.

Et puis, qui voulez-vous après qui me console ?
L’éclair laisse, en fuyant, l’horizon triste et noir.
Ne jugez pas ma vie insouciante et folle ;
Car, si l’étais joyeux, qui ne l’est à vous voir ?

Hélas ! je n’oserais vous aimer, même en rêve !
C’est de si bas vers vous que mon regard se lève !
C’est de si haut sur moi que s’inclinent vos yeux !

Allez, soyez heureuse ; oubliez-moi bien vite,
Comme le chérubin oublia le lévite
Qui l’avait vu passer et traverser les cieux !

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Commentaires

  1. Ange félin
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    C’est un individu disant peu de paroles
    Qui pour méditer va dans le jardin s’asseoir ;
    Sur ses ailes planant, vers les forêts il vole,
    Il dort l’après-midi, puis s’éveille le soir.

    De sagesse, en Egypte, il était un symbole,
    Tout spécialement si son pelage était noir;
    Un prêtre lui donnait des souris pour obole,
    Un scribe l’abritait en son noble manoir.

    Il connaît la valeur et les pouvoirs du rêve,
    Lui qui reste assoupi quand le soleil se lève ;
    Un mandarin, dit-on, voit l’heure dans ses yeux.

    Il va jusqu’au Tibet quand un lama l’invite,
    Je l’entends ronronner quand ce moine lévite ;
    Il sait que ce n’est pas un miracle de Dieu.

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