Poème 'A hurler' de Aimé CÉSAIRE dans 'Soleil coup coupé'

A hurler

Aimé CÉSAIRE
Recueil : "Soleil coup coupé"

Salut oiseaux qui fendez et dispersez le cercle des hérons
et la génuflexion de leur tête de résignation
dans une gaine de mousse blanche

Salut oiseaux qui ouvrez à coups de bec le ventre vrai du marais
et la poitrine de chef du couchant

Salut cri rauque
torche de résine
où se brouillent les pistes
des poux de pluie et les souris blanches

Fou à hurler je vous salue de mes hurlements plus blancs que la mort

Mon temps viendra que je salue
grand large
simple
où chaque mot chaque geste éclairera
sur ton visage de chèvre blonde
broutant dans la cuve affolante de ma main
et là là
bonne sangsue
là l’origine des temps
là la fin des temps

et la majesté droite de l’oeil originel.

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Commentaires

  1. Oiseaux de bonne humeur
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    Le plumage d'azur de ces deux volatiles
    Reflète, ce matin, leur bonheur flamboyant ;
    Leur regard, qui poursuit les astres tournoyants,
    Est aussi chaleureux que leur coeur versatile.

    Le marais bienveillant les nourrit de grenouilles ;
    La forêt les abrite en ses ombrages frais.
    Quand le soleil se couche, ils boivent à grands traits
    Dans le ruisseau limpide où leurs beaux pieds se mouillent.

    Oiseaux d'azur, chantez ce noble territoire :
    C'est un jardin fleuri en toutes les saisons,
    Le feuillage y verdit murs et toits des maisons,
    C'est un pays prospère, un pays sans histoires.

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