Poème 'À Mme Oscar Dunn' de Louis-Honoré FRÉCHETTE dans 'Les Oiseaux de neige'

À Mme Oscar Dunn

Louis-Honoré FRÉCHETTE
Recueil : "Les Oiseaux de neige"

Cousine, j’aime à voir sourire vos dents blanches ;
J’aime entendre éclater votre rire mutin :
Jamais son plus joyeux, timbre plus argentin,
N’ont encor résonné sur des lèvres plus franches.

On dirait un oiseau lançant, de branche en branche,
Dans l’éther du ciel pur son hymne du matin…
Ah ! c’est que le bonheur que vous fit le destin
Éclate dans vos yeux, bleus comme les pervenches.

Le bonheur ! le bonheur ! ô trésor précieux
Que notre sphère envie à la splendeur des cieux !
Rose du paradis que tout homme a rêvée !

Mot de l’immense énigme où le cœur se confond !
Mot qui pour l’âme humaine est un gouffre profond !
Bonheur ! perle sans prix que vous avez trouvée !

(1877)

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