Poème 'Caughnawaga' de Louis-Honoré FRÉCHETTE dans 'Les Oiseaux de neige'

Caughnawaga

Louis-Honoré FRÉCHETTE
Recueil : "Les Oiseaux de neige"

C’est le dernier soupir d’un monde agonisant.
Venez voir ces débris des antiques peuplades,
Anciens rois du désert, terribles ancelades
Ecrasés sous le poids des choses d’à présent.

Arrêtons-nous ici, non loin de ces cascades.
Regardez ce hameau qui n’a rien d’imposant.
C’est là… Dire qu’on peut visiter en causant
Ces lieux témoins de tant de fauves embuscades…

Est-ce notre regard ou l’histoire qui ment ?
Qu’êtes-vous devenus, guerriers roux des prairies,
Farouches Iroquois ? ― O désappointement !

Sans même recourir aux moindres jongleries,
Le chef de la tribu, marchand d’épiceries,
Avec l’accent anglais nous parle bas-normand.

(1881)

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Commentaires

  1. Sic transit gloria mundi, comme disent les Iroquois.

  2. Comme le dit Cochonfucius...

  3. Planète Thornandra
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    Ici, les gens ne font que sculpter des gisants
    Sur le socle desquels ils gravent des ballades;
    Puis ils rentrent chez eux manger de la salade
    Que produisent pour eux leurs frères paysans.

    La fête du solstice est une mascarade
    Où l’on voit défiler quelques chars imposants;
    Le Grand Prêtre du Temple, aux rires s’exposant,
    Suit l’amusant cortège en habit de parade.

    Dessinant sur le sable une histoire qui ment,
    Un prophète promeut sa sainte confrérie;
    Deux vieux explorateurs en firent un roman.

    La licorne invisible est alors bien nourrie,
    Si l’on en use ainsi, c’est pour qu’elle sourie;
    Mais elle aimerait mieux rejoindre son amant.

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