Poème 'Assis sur un fagot, une pipe à la main' de Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Assis sur un fagot, une pipe à la main

Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l’âme mutinée,
Je songe aux crautés de mon sort inhumain.

L’espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu’un Empereur Romain.

Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu’en mon premier estat il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :

Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d’espérance,
Car l’un n’est que fumée, et l’autre n’est que vent.

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Commentaires

  1. Sagesse des animaux-bardes
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    La voix des animaux est aimée des humains,
    Même quand sa nature est indisciplinée ;
    Par les appels du coq, l’aube est illuminée,
    Et la chanson de l’âne abrège le chemin.

    Les oies du Capitole ont sauvé les Romains,
    Changeant, de l’univers, toute la destinée ;
    J’écoute, vers le soir, leur parole obstinée,
    Qui semble m’annoncer la joie des lendemains.

    Heureuse est votre humeur, beaux porteurs d’espérance,
    Harmonisant vos tons malgré vos différences ;
    Car, dans la basse-cour, vous répétez souvent.

    Du coq, de l’oie, de l’âne il est plaisant d’entendre
    Le printanier caquet, mélancolique et tendre :
    Un hymne à plusieurs voix que m’apporte le vent.

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