Poème 'Voici le rendez-vous des Enfants sans souci' de Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

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Voici le rendez-vous des Enfants sans souci

Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Voici le rendez-vous des Enfants sans souci,
Que pour me divertir quelquefois je fréquente.
Le maître a bien raison de se nommer La Plante
Car il gagne son bien par une plante aussi.

Vous y voyez Bilot, pâle morne et transi,
Vomir par les naseaux une vapeur errante ;
Vous y voyez Sallard chatouiller la servante
Qui rit du bout du nez en portrait raccourci.

Que ce borgne a bien plus Fortune pour amie
Qu’un de ces curieux qui, soufflant l’alchimie,
De sage devient fol, et de riche indigent !

Celui-là sent enfin sa vigueur consumée,
Et voit tout son argent se réduire en fumée ;
Mais lui, de la fumée il tire de l’argent.

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Commentaires

  1. Saint Roland Barthes Simpson
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    Roland Barthes Simpson fut un saint sans souci
    Dont les textes sacrés quelquefois l’on fréquente ;
    Je les lisais jadis, dans le Jardin des Plantes,
    Plus d’un vieux professeur les parcourait aussi.

    Vous voyez dans son livre un jargon fort précis
    Dont les catégories ne sont jamais errantes ;
    Une plume légère est du style servante
    Qui dit les prédicats en mode raccourci.

    Ce puissant esprit, dont la muse fut amie,
    On l’accusa de pondre une vaine alchimie
    Et de la revêtir d’un discours indigent ;

    Par l’injuste soupçon sa candeur consumée
    Ne laissa dans son coeur qu’une noire fumée,
    Alors il disparut, sans déranger les gens.

  2. Saint Polychrome
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    De clairement prêcher il avait le souci,
    Avec des mots bien clairs et des pauses fréquentes ;
    Il disait que notre âme est une verte plante
    Qui veut de la lumière et du bon air aussi.

    Sa voix nous enchanta, son discours fut précis,
    Il fut bien ordonné malgré sa vie errante ;
    Très peu de serviteurs et jamais de servante,
    À la Mort il disait : « Je suis à ta merci ».

    Te souviens-tu de lui, toi qui fus son amie ?
    Vous étiez amusés de vos antinomies,
    Tu étais provocante, il était indulgent.

    Il est vieux maintenant, sa force est consumée,
    Tous ses naïfs espoirs sont partis en fumée ;
    Ainsi va notre vie, en ce monde changeant.

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