Poème 'Le paresseux' de Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Le paresseux

Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Accablé de paresse et de mélancolie,
Je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,
Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

Là, sans me soucier des guerres d’Italie,
Du comte Palatin, ni de sa royauté,
Je consacre un bel hymne à cette oisiveté
Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,
Que je crois que les biens me viendront en dormant,
Puisque je vois déjà s’en enfler ma bedaine,

Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts,
Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine
Ai-je pu me résoudre à t’écrire ces vers.

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Commentaires

  1. cette poesie est tres bien

  2. Immense tortue d’azur
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    Cette immense tortue est sans mélancolie,
    Elle parle aux grands rois, comme le Chat Botté ;
    Les Basques charcutiers lui offrent du pâté,
    L’univers tout entier l’amuse en sa folie.

    Elle boit dans son coin du bon vin d’Italie,
    Sur aucun groupement ne cherche royauté,
    Car elle se sent bien dans son oisiveté
    Où, comme en carapace, elle est ensevelie.

    Je trouve ce bestiau si doux et si charmant,
    Que je crois que je vais y rêver en dormant,
    Belle tortue d’azur à la plate bedaine,

    Qui capte le cosmos de ses yeux entrouverts,
    Qui trompe mon ennui, qui soulage ma peine,
    Et qui me fit résoudre à t’écrire ces vers.

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