Poème 'Astres cruels, et vous dieux inhumains' de Joachim DU BELLAY dans 'Les antiquités de Rome'

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Astres cruels, et vous dieux inhumains

Joachim DU BELLAY
Recueil : "Les antiquités de Rome"

Astres cruels, et vous dieux inhumains,
Ciel envieux, et marâtre nature,
Soit que par ordre ou soit qu’à l’aventure
Voise le cours des affaires humains,

Pourquoi jadis ont travaillé vos mains
A façonner ce monde qui tant dure ?
Ou que ne fut de matière aussi dure
Le brave front de ces palais romains ?

Je ne dis plus la sentence commune,
Que toute chose au-dessous de la lune
Est corrompable et sujette à mourir :

Mais bien je dis (et n’en veuille déplaire
A qui s’efforce enseigner le contraire)
Que ce grand Tout doit quelquefois périr.

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Commentaires

  1. Langue des stèles
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    La pierre ne saurait du nuage dépendre ;
    Son langage, en tous temps, est sagement posé.
    Le moindre adverbe y est subtilement dosé,
    Stèles en vains propos n'iront point se répandre.

    Et ce flot de sonnets, que je croyais suspendre,
    Que ne soutenaient plus mes doigts ankylosés,
    Il surgit à nouveau d'un esprit reposé,
    Aidé par les reflets d'un ciel aux couleurs tendres.

    Va-t-il changer de style en changeant de maison ?
    Je ne vois pour la chose aucune vraie raison,
    L'air est le même ici, selon mes connaissances.

    Car il est ainsi fait, ce cerveau de rimeur,
    Il veut toujours placer des mots sur ses humeurs,
    Carabosse m'offrit ce don, pour ma naissance.

  2. Yinromulus et Remusyang
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    Yinromulus a dit : «Que l’obscurité soit»,
    De là surgit l’éclat de Remusyang le sage ;
    Dans leur contradiction ne voyez nul outrage,
    Chacun des deux est là pour faire ce qu’il doit.

    Si Dieu de Lucifer se moque quelquefois,
    C’est tranchant, mais ça reste en des jeux de langage;
    Et Lucifer à Dieu ne porte nul dommage,
    Pas plus qu’un vieux bouffon ne le ferait au roi.

    D’un Yin qui s’assombrit et d’un Yang qui s’allume,
    À peine pourrait-on tracer un trait de plume,
    Ça n’aurait pas de sens de les montrer du doigt.

    L’un peut se concentrer, l’autre se mettre à rire,
    Yin va prendre sa lyre et Yang sa poêle à frire,
    Ce que tu penses d’eux ne regarde que toi.

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Joachim DU BELLAY

Portait de Joachim DU BELLAY

Joachim du Bellay est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou, et mort le 1er janvier 1560 à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l’origine de la formation de la « Pléiade », groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, « la Défense et illustration de la langue... [Lire la suite]

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