Poème 'Ballade sur la gentille façon de Rose' de Théodore de BANVILLE dans 'Trente-six ballades joyeuses'

Accueil > Les poètes > Poèmes et biographie de Théodore de BANVILLE > Ballade sur la gentille façon de Rose

Ballade sur la gentille façon de Rose

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Trente-six ballades joyeuses"

Rose est toute caprice, et moi
J’adore son oeil qui pétille,
Et je sens des bonheurs de roi
Rien qu’à lui baiser la cheville.
Elle s’habille, elle babille,
M’appelle avec son regard bleu,
Et puis s’enfuit comme une anguille:
Jamais ne vîtes si beau jeu.

Je marche, comme à Fontenoy,
Contre la folle qui frétille,
Et la voici presque en émoi.
Puis elle s’envole et grappille
Une praline à la vanille:
On dirait que je parle hébreu!
La bonne heure qu’elle gaspille!
Jamais ne vîtes si beau jeu.

Je veux la quereller, ma foi!
Mais sa colère est si gentille!
Allons, c’est moi qui fais la loi,
Je la caresse et je la pille.
Mais elle remet sa mantille,
M’effleure de sa lèvre en feu,
Et pleure pour ma peccadille:
Jamais ne vîtes si beau jeu.

Envoi.

Je baise une larme qui brille,
Un bout de dentelle, un cheveu;
Elle rit, la méchante fille!
Jamais ne vîtes si beau jeu.

Février 1861.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2018 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS