Poème 'Bienvenu' de ATOS

Bienvenu

ATOS

Et puis voilà décembre qui referme les portes de sa grange
L’horloge ne fait plus aucun mystère
et l’heure frémit sous le silence des cendres.

Aux croisements des routes viennent des voix.
A cet hiver injuste elles viennent faire remontrance.

Si notre pain est un droit
et la justice est la règle
alors, pour tous, leur goût devrait être le même .

Ça parle, ça pense, ça pleure, ça dit,
et puis ça rit
c’est comme la vie,
Ce croisement de routes c’est un chemin de croix.

Le froid n’effacera pas leur existence
Le rêve de chacun est pour tous une espérance.

Bienvenu Myriel montre l’hiver du doigt.

Être pauvre cela ne va pas de soi
ça va du monde qui ne sait plus où il va
avoir froid , être seul, être sans toit,
cela ne va pas de soi
ça va des trafiquants d’usines
ça vient des faiseurs de mauvaises lois
ça va des écoles qui flambent
des marchands de sommeil,
ça vient de toutes les arrogances
ça va du manque
ça vient de ce méchant chacun pour soi
et de personne pour personne
ça nous rend tous complètement dingues.

Quand on a les ailes coupées,
on a des trous à ses souliers
on doit faire des nœuds aux bouts de ses sentiers
histoire de ne pas se faire oublier.

Alors ça chante, ça crie,
on se serre les coudes, on se serre les mains
au carrefour des heures
au cadran de leurs vies
chacune chacun raconte pourquoi, comment
ça ne va pas
pourquoi au sol on est cloué.

Trimardeurs, demandeurs, fauchés, glaneurs
ils ont fait des centaines métiers
en rêve et surtout pour de vrai
ils sont mille et une fois blessés
Ils en ont des tonnes à raconter
Autour d’eux le monde si vite
si mal s’est emballé
et pour eux qui vont encore à pieds,
l’hiver voudrait que ce soit déjà plié
Cet hiver , qui derrière les portes de sa grange n’écoute pas .

Un jour décembre s’en va,
l’année commence comme elle ira
L’horloge peut bien sonner
Marianne est décidée
aux croisements des routes iront encore des voix
yellow vest ou gilets jaunes
ça court sur toutes les langues
Les nœuds ça fait des mèches
chacune chacun comprend l’urgence
pour qui pour quoi

Non, être pauvre ça ne va pas de soi.
Toi qui penses mériter ta chance, ta place et ton abri
attention
Le prochain hiver te pointe déjà du doigt
On ne doit pas oublier son prochain
c’est Bienvenu Myriel qui nous l’a dit.

ça chante, ça crie,ça hurle
ça dit , ça pense et ça s’exprime
oui des fois on entend quelques conneries
et aussi beaucoup de choses très jolies
C’est comme ça…
à l’enterrement des feuilles mortes…
…ça c’est Prévert qui nous l’a dit.

Magloire est ignorante
Valjean sera toujours plus grand que Javert
Hugo c’est un pair pour la France
et la justice le cri de son génie !

Aux croisements de toutes ces voix
il y a la colère qui frappe aux portes d’une grange
mais il y a surtout pour tous l’urgence d’une autre vie.
Et devant le ventre de cette grange,
c’est là un juste cri.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS