Poème 'Chasseurs' de Théodore de BANVILLE dans 'Sonnailles et Clochettes'

Chasseurs

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Sonnailles et Clochettes"

Amour connaît toujours cet art
Qui fit ruisseler tant de larmes.
Cependant, il est en retard,
Du moins sous le rapport des armes.

En de nombreux départements
Voici que la chasse est ouverte,
Et livre à leurs déportements
Les chasseurs, dans la forêt verte.

Adonis jamais amoindris,
Brûlés des plus ardentes fièvres,
Ils vont massacrer les perdrix
Et mettre à mort beaucoup de lièvres.

Jolis des premiers aux derniers,
Ils ont, en leurs façons coquettes,
De très agréables carniers
Et de gracieuses casquettes.

Les ruisseaux, comme des miroirs,
Orgueilleusement les reflètent,
Et leurs chiens, blancs, jaunes et noirs
Leur vont très bien et les complètent.

Leurs solides et clairs fusils
Où le confort anglais respire,
Ont été dans Londres choisis:
Cela fait plaisir à Shakspere.

Ils marchent, d’un air élégant.
Leurs guêtres, qu’on achète rue
De Richelieu, vont comme un gant,
Et charment la foule accourue.

Tous équipés au goût du jour,
Ils sont venus dans leurs calèches,
Excepté le chasseur Amour,
Qui n’a que son arc et ses flèches.

8 septembre 1888.

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Théodore de BANVILLE

Portait de Théodore de BANVILLE

Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du... [Lire la suite]

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