Poème 'Cheval' de Paul ÉLUARD dans 'Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux'

Cheval

Paul ÉLUARD
Recueil : "Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux"

Les Animaux et leurs hommes

Cheval seul, cheval perdu,
Malade de la pluie, vibrant d’insectes,
Cheval seul, vieux cheval.

Aux fêtes du galop,
Son élan serait vers la terre,
Il se tuerait.

Et, fidèle aux cailloux,
Cheval seul attend la nuit
Pour n’être pas obligé
De voir clair et de se sauver.

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Commentaires

  1. Fin de vie
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    Ce vieux cheval a fait son temps,
    Qui ses anciens exploits rumine ;
    De son repos il est content,
    Lui qui ne craint point la famine.

    Il ne fait plus rien d’important,
    Quelques vers ensemble il combine ;
    Il comprend ce qui nous attend
    Quand vient la fin de la bobine.

    Il cueille les fleurs d’ aujourd’hui,
    N’ayez donc pas pitié de lui
    Qui apprivoise la Camarde.

    Eros, le plaisantin mignon,
    N’a point quitté ce compagnon,
    Lui qui favorise les bardes.

  2. La mort et le destrier
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    La Camarde dit
    « Serais-je à un cheval près ?
    Ils ne manquent point. »

  3. Hippoptère
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    Ce cheval emplumé coûte plus cher qu’un autre,
    Mais il vole et jamais ne te laissera choir ;
    Il peut même explorer les inframondes noirs,
    Puis il est plutôt sobre, il se nourrit d’épeautre.

    Lui, qui connaît par coeur les Actes des Apôtres,
    N’ira point se vanter de ce vaste savoir ;
    Il ne veut pas non plus exercer le pouvoir,
    Ni baigner dans le luxe où les riches se vautrent.

    Il est fort, il tient tête aux monstres menaçants ;
    S’il voit une héroïne, il l’embrasse en passant,
    Mais sans aller jusqu’à des relations torrides.

    Un dieu peut quelquefois s’incarner en cheval ;
    Heureux qui sait alors le tenir par la bride,
    Car un tel cavalier ne craindra nul rival.

  4. Plumes d’ambilion
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    Moi, ce que j’aime, c’est voler de part et d’autre,
    Même si dans les airs passe un nuage noir;
    J’habite sous les toits d’un modeste manoir
    Avec un jeune chat qui sur mon lit se vautre.

    Nous parlons aux souris, comme deux bons apôtres,
    Ces rongeurs circonspects ne se font pas avoir ;
    De leur petite tête est vaste le savoir,
    Il me semble, souvent, qu’il dépasse le nôtre.

    J’ai plaisir à planer sous des cieux menaçants,
    M’approchant du logis des rapaces puissants;
    J’ai plaisir à filer jusqu’aux régions torrides.

    Je suis toujours serein, car je suis sans rival,
    Sauf lorsque j’ai voulu séduire une sylphide
    Qui préféra Pégase, un vulgaire cheval.

  5. Plumes d'hipposaure,
    Je vais en emprunter une
    Pour écrire un mot.

  6. Ambilion qui vole
    N'apporte pas le printemps,
    Ni non plus l'été.

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