Poème 'L’Invention' de Paul ÉLUARD dans 'Répétitions'

L’Invention

Paul ÉLUARD
Recueil : "Répétitions"

La droite laisse couler du sable.
Toutes les transformations sont possibles.

Loin, le soleil aiguise sur les pierres sa hâte d’en finir.
La description du paysage importe peu,
Tout juste l’agréable durée des moissons.

Clair avec mes deux yeux,
Comme l’eau et le feu.

*

Quel est le rôle de la racine ?
Le désespoir a rompu tous ses liens
Et porte les mains à sa tête.
Un sept, un quatre, un deux, un un.
Cent femmes dans la rue
Que je ne verrai plus.

*

L’art d’aimer, l’art libéeral, l’art de bien mourir, l’art de penser, l’art incohérent, l’art de fumer, l’art de jouir, l’art du moyen âge, l’art decoratif, l’art de raisonner, l’art de bien raisonner, l’art poétique, l’art mécanique, l’art érotique, l’art d’être grand-pére, l’art de la danse, l’art de voir, l’art d’agrément, l’art de caresser, l’art japonais, l’art de jouer, l’art de manger, l’art de torturer.

*

Je n’ai pourtant jamais trouvé ce que j’écris dans ce que j’aime.

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Commentaires

  1. le poème l'invention me fascine dans sa dernière strophe, celle qui énumère de manière spontanée et inattendue les différents arts.

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Paul ÉLUARD

Portait de Paul ÉLUARD

Paul Éluard, de son vrai nom Eugène Émile Paul Grindel (14 décembre 1895 à Saint-Denis – 18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont ), est un poète français. C’est à l’âge de vingt et un ans qu’il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme et est l’un des... [Lire la suite]

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