Poème 'Étendards – 2e canonnier conducteur' de Guillaume APOLLINAIRE dans 'Calligrammes'

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Étendards – 2e canonnier conducteur

Guillaume APOLLINAIRE
Recueil : "Calligrammes"

Me voici libre et fier parmi mes compagnons
Le réveil a sonné et dans le petit jour je salue
La fameuse Nancéenne que je n’ai pas connue

AS-TU CONNU LA PUTAIN DE NANCY
QUI A FOUTU LA VXXXXX À TOUTE L’ARTILLERIE
L’ARTILLERIE ne s’est pas aperçu
qu’elle avait mal au …

Les 3 servants bras dessus bras dessous se sont endormis sur l’avant-train
Et conducteur par mont par val sur le porteur
Au pas au trop ou au galop je conduis le canon
Le bras de l’officier est mon étoile polaire
Il pleut mon manteau est trempé et je m’essuie parfois la figure
Avec la serviette-torchon qui est dans la sacoche du sous-verge
Voici des fantassins aux pas pesants aux pieds boueux
La pluie les pique de ses aiguilles le sac les suit

SACRÉ NOM DE DIEU QUELLE ALLURE
NOM DE DIEU QUELLE ALLURE
CEPENDANT QUE LA NUIT DESCEND

SALUT MONDE DONT JE SUIS LA LANGUE ÉLOQUENTE QUE SA BOUCHE O PARIS
TIRE ET TIRERA TOUJOURS AUX ALLEMANDS

Fantassins
Marchantes mottes de terre
Vous êtes la puissance
Du sol qui vous a faits
Et c’est le sol qui va
Lorsque vous avancez
Un officier passe au galop
Comme un ange bleu dans la pluie grise
Un blessé chemine en fumant une pipe
Le lièvre détale et voici un ruisseau que j’aime
Et cette jeune femme nous salue charretiers
La Victoire se tient après nos jugulaires
Et calcule pour nos canons les mesures angulaires
Nos salves nos rafales sont ses cris de joie
Ses fleurs sont nos obus aux gerbes merveilleuses
Sa pensée se recueille aux tranchées glorieuses

J’ENTENDS CHANTER L’OISEAU
LE BEL OISEAU RAPACE

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Commentaires

  1. Il manque une partie des étendards à savoir : SOUVENIR DE PARIS AVANT LA GUERRE ILS SERONT BIEN PLUS DOUX APRES LA VICTOIRE. (sachant que celui-ci est en forme de cathédrale (Notre-dame de Paris))

  2. Chevalier obscu
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    Je suis dans ma maison de sable
    Et cette rue n’a pas de nom ;
    Sur le toit flotte un vieux pennon,
    C’est un symbole inconnaissable.

    Dans le jardin rouille un canon
    Chargé de boulets inclassables ;
    La porte n’est pas incassable
    Car cela se saurait, sinon.

    Pour graver mon panégyrique,
    J’ai des alchimistes secrets
    Qui m’enterreront sans regrets ;

    Pardon, ceci n’est point lyrique,
    Ce sont les mots d’un mercenaire,
    Bien peu dignes d’Apollinaire.

  3. Grand combattant
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    Chevalier au blason de sable
    D’un château qui n’a pas de nom
    De sinople est son grand pennon
    Et son armure est incassable

    On dit que sa femme est canon
    C’est une ondine insaisissable
    Ses ennemis sont haïssables
    Qu’il pourchasse au son du clairon

    Je n’en fais nul panégyrique
    Je ne vous dis pas ses secrets
    C’est tout juste un sonnet lyrique

    Pour ce batailleur sans regrets
    Cet implacable mercenaire
    Qui le soir lit Apollinaire.

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