Poème 'Étendards – Veille' de Guillaume APOLLINAIRE dans 'Calligrammes'

Étendards – Veille

Guillaume APOLLINAIRE
Recueil : "Calligrammes"

Mon cher André Rouveyre
Troudla la Champignon Tabatière
On ne sait quand on partira
Ni quand on reviendra

Au Mercure de France
Mars revient tout couleur d’espérance
J’ai envoyé mon papier
Sur papier quadrillé

J’entends les pas des grands chevaux d’artillerie
allant au trot sur la grand-route où moi je veille
Un grand manteau gris de crayon comme le ciel
m’enveloppe jusqu’à l’oreille

Quel
Ciel
Triste
Piste

Va le
Pâle
Sou
rire
De la lune qui me regarde écrire

SOUVENIRS DE PARIS AVANT LA GUERRE ILS
SERONT BIEN PLUS DOUX APRÈS LA VICTOIRE

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