Poème 'La coupe' de Albert SAMAIN dans 'Au jardin de l'infante'

La coupe

Albert SAMAIN
Recueil : "Au jardin de l'infante"

Au temps des Immortels, fils de la vie en fête,
Où la Lyre élevait les assises des tours,
Un artisan sacré modela mes contours
Sur le sein d’une vierge, entre ses soeurs parfaite,

Des siècles je régnai, splendide et satisfaite,
Et les yeux m’adoraient… Quand, vers la fin des jours,
De mes félicités le sort rompit le cours,
Et je fus emportée au vent de la défaite.

Vieille à présent, je vis ; mais, fixe en mon destin,
Je vis, toujours debout sur un socle hautain,
Dans l’empyrée, où l’Art divin me transfigure.

Je suis la Coupe d’or, fille du temps païen ;
Et depuis deux mille ans je garde, à jamais pure,
L’incorruptible orgueil de ne servir à rien.

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Commentaires

  1. Les sept pantoufles
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    La pantoufle d'argent se porte aux jours de fête,
    Lorsque les bateleurs sur scène font des tours ;
    De gueules pantouflé, l'évêque en grands atours
    Séduit une vestale, une muse parfaite.

    La pantoufle d'azur arpente, satisfaite,
    L'incroyable douceur des tapis de velours ;
    Pantouflé de sinople, un bouffon de la Cour
    Fait rire un vieux noceur à la mine défaite.

    Une pantoufle d'or, instrument du destin,
    Conduit vers le triomphe un chétif palotin ;
    La pantoufle de sable habille et transfigure

    Dans le coeur de la nuit, le pied d'un dieu païen ;
    La pantoufle d'hermine, en voulant rester pure,
    Dormant dans son placard, ne contribue à rien.

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