Poème 'La couseuse' de ATOS

La couseuse

ATOS

Près d’elle, le soir dépose sa cape de velours.
Il revient d’un lointain lui porter son ouvrage.

Elle découd l’ourlet de sa vie pour allonger ses jours.
Les aiguilles de l’horloge trottent à petits pas.
Ajourant de passements noirs les accrocs de son cœur.
Pelotonnant sa douleur,
Elle file le temps.
Et biaise la toile pour soulager son âme.
Ses mains s’arrêtent, et se suspendent,
Respectant la trame de ses songes.
Le temps reprise point par point l’absence d’un passé.
Quelques souvenirs de taffetas teinteront son ciel de sépia.
Elle tisse en son esprit pour supporter l’écho de sa voix.

Point d’épines, piqûres du plaisir.
Le rouge flamboie si bien sur la soie.
Robe de dune en chute de drap.
Accords de lune sur point de croix.

L’horloge raisonne la couseuse.
À demain elle remet cet ouvrage.

Elle replie son châle et regarde le chat.

Minuit est enfin là.

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