Poème 'La Déesse' de Théodore de BANVILLE dans 'Les cariatides'

La Déesse

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Les cariatides"

Quand au matin ma déesse s’habille
D’un riche or crespe ombrageant ses talons…
Ronsard, Amours, livre I.

Quand les trois déités à la charmante voix
Aux pieds du blond Pâris mirent leur jalousie,
Pallas dit à l’enfant: Si ton coeur m’a choisie,
Je te réserverai de terribles exploits.

Junon leva la tête, et lui dit : Sous tes lois
Je mettrai, si tu veux, les trônes de l’Asie,
Et tu dérouleras ta riche fantaisie
Sur les fronts inclinés des peuples et des rois.

Mais celle devant qui pâlissent les étoiles
Inexorablement détacha ses longs voiles
Et montra les splendeurs sereines de son corps.

Et toi lèvre éloquente, ô raison précieuse,
Ô Beauté, vision faite de purs accords,
Tu le persuadas, grande silencieuse !

Juin 1842.

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Commentaires

  1. Petit esquif de sinople
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    La déesse voulut des sirènes la voix
    Écouter une fois, par simple jalousie ;
    Or, minuscule fut la nef qu’elle a choisie,
    Dont mince fut la toile et frêle fut le bois.

    Le nautonier savait des quatre vents les lois,
    Aucun sort ne pouvait le frapper d’amnésie ;
    Le voyage se fit sans nulle fantaisie,
    Car Neptune en ces jours était digne de foi.

    Ils ont vogué trois nuits sous les pâles étoiles,
    La brise du ponant toujours enflait leur voile ;
    Mais la déesse a vu se transformer son corps.

    Tes jambes que remplace une queue sinueuse,
    Ta voix qui maintenant lance de purs accords ;
    Tu es reine et poisson, hybride et monstrueuse !

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