Poème 'La fortune de l’Hermaphrodite' de François Tristan L'HERMITE dans 'La Lyre'

La fortune de l’Hermaphrodite

François Tristan L'HERMITE
Recueil : "La Lyre"

Les dieux me faisaient naître, et l’on s’informa d’eux
Quelle sorte de fruit accroîtrait la famille,
Jupiter dit un fils, et Vénus une fille,
Mercure l’un et l’autre, et je fus tous les deux.

On leur demande encor quel serait mon trépas
Saturne d’un lacet, Mars d’un fer me menace,
Diane d’une eau trouble, et l’on ne croyait pas
Qu’un divers pronostic marquât même disgrâce.

Je suis tombé d’un saule à côté d’un étang,
Mon poignard dégainé m’a traversé le flanc,
J’ai le pied pris dans l’arbre, et la tête dans l’onde.

Ô sort dont mon esprit est encore effrayé !
Un poignard, une branche, une eau noire et profonde
M’ont en un même temps meurtri, pendu, noyé.

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François Tristan L'HERMITE

Portait de François Tristan L'HERMITE

François L’Hermite, sieur du Soliers, dit Tristan L’Hermite, né à Janaillat (Creuse) au château de Soliers, dans la Marche, 1601 et mort à Paris le 7 septembre 1655, est un poète et dramaturge français. Auteur dramatique fort applaudi en son temps, et dont la première pièce, la fameuse tragédie de Mariane... [Lire la suite]

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