Poème 'L’Abbaye' de Louisa SIEFERT dans 'Rayons perdus'

L’Abbaye

Louisa SIEFERT
Recueil : "Rayons perdus"

La chapelle de l’abbaye
Avait été toute envahie
D’un flot d’oisifs et de flâneurs ;
Et sur le marbre blanc des dalles,
Deux moines, traînant leurs sandales,
Guidaient à travers les dédales
Tous ces curieux promeneurs.

Devant ces royales merveilles,
Ainsi qu’un noir essaim d’abeilles,
La foule en groupes se formait.
Cependant rien n’était antique
Dans ce beau pastiche gothique,
Et pas un cercueil authentique
Sous ces grands tombeaux ne dormait

La nef alors se trouvait pleine.
Les moines au blanc froc de laine
Brusquement s’étaient écartés.
Nous errions aussi dans l’église,
A travers l’atmosphère grise,
Jetant un coup d’œil à la frise,
Un autre aux murs peints et sculptés.

Derrière la grille dorée,
A chaque côté de l’entrée
Du chœur, sous un rayon étroit
De clarté pâle et frissonnante,
Sortant de l’ombre environnante,
Jeunes, beaux, la robe traînante,
Les deux moines se tenaient droit.

Les yeux figés sous la paupière,
On eût dit des hommes de pierre,
Œuvre d’un artiste fervent.
— O moines ! dans l’humaine sphère,
Dans les devoirs que Dieu confère,
N’aviez-vous autre chose à faire
Qu’à poser en tableau vivant ?

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Louisa SIEFERT

Portait de Louisa SIEFERT

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française. Issue d’une famille protestante établie à Lyon, elle reçoit une éducation religieuse. Son père était originaire de Prusse et sa mère du canton de Thurgovie en Suisse. Son premier recueil de poèmes,... [Lire la suite]

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