Poème 'Le bel âge' de ATOS

Le bel âge

ATOS

J’ai passé l’âge
des vérités de soi ampoulées de toi .
De toutes les grandes réponses,
des tonnes de fautes- questions,
des jolis mots pré- mâchés,
des sentiments pré-gérés,
des émotions formatées,
des mécanos à remonter,
des corps tout déroutés,
du hasard et des confesses.
des gares à mes fesses,
des plaisirs en retable,
et des recoins des mauvais soirs.

J’ai passé l’âge
des couleurs maquillées,
des albums collées- tarées,
des alibis de canaris,
des sons récités et pas compris,
des bruits mastiqués et recrachés,
des chiffres édentés,
des phrases éventées,
des soleils tamisés,
des pierres calcinées.

J’ai passé l’âge
des fausses pudeurs,
des larmes de sèches,
des détresses en laisse,
des cachets de papier,
des sourires cachés,
des seins au cils des anges,
des rires clopin-dormants,
des copines-débines,
des copains-pépins,
des brouillons mignons et des mignonnes à la pomme.

J’ai passé l’âge
des petits tas, des petits minois, des p’tits taffetas,
J’ai passé l’âge
des grandes vertus, des professions en poing de croix,
des étoiles à l’étale, des grimaces en vitrine, des décors en dehors
des silences de potence, des solitudes du dedans, de la glace à la régale,

J’ai passé l’âge
du journal tout rien qu’ça,
des murs sert à soi,
des vers à s’ tripoter,
des désirs dérobés,
des idées morcelées,
des plongées en toute sécurité,
des sauts d’humeur dans des tasses vides en vase bien clos,

J’ai passé l’âge
des chansons en pétards,
des cordes centrales,
des talons de gain-poix,

J’ai passé l’âge
des baise mains, des baisse toi, des baise pas-même,
des secoue moi, des pousse toi de là,
des sales draps, des chapeaux en claques, et du vernis sur les cailles.

J’ai passé l’âge
des infos traine-sabot,
des mégalos aéropha-je,
des retards en regard de buvard,
des p’tites terreurs,
des p’ tit coups de peur qui draguent le fond des cœurs,
j’ai passé l’âge
des jolies égratignures,
de pas trop d’ vices,
des gros boulons,
des p’tits bouchons,
des tout-tites plaies,
des bobos qui lèchent le pas vrai,
quand ça leur plaît.

J’ai passé l’âge
des lèvres qui ferment,
des mains qui s’ tournent,
des yeux qui plient,
des signes qui croient.
Et de tout ce mépris.

J’ai passé l’âge
de toute promesse,
de la honte
et de l’espoir.

J’ai vraiment passé l’âge de tous les doutes.

Ma boussole est dans mon cœur.
Et pour rien dire,
Depuis toujours ,
j’aime
là où je vais.

Sur la plante des pieds,
alors je continue,
en route !

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