Poème 'Le premier amour' de René-François SULLY PRUDHOMME dans 'Epaves'

Le premier amour

René-François SULLY PRUDHOMME
Recueil : "Epaves"

Comme un verre intact, avant l’heure
Où le remplira l’échanson,
Au plus léger coup qui l’effleure
Vibre d’un sonore frisson,

Mais pour la fugitive atteinte
N’a plus de soupir cristallin,
Et ne tressaille ni ne tinte
Sans aucun heurt dès qu’il est plein,

Le jeune coeur, vivant calice,
Frémit plaintif au moindre appel,
Avant que l’Amour le remplisse
De son généreux hydromel ;

Mais, quand cet échanson céleste
L’a, soudain, comblé jusqu’au bord,
Plus rien n’y bat pour tout le reste ;
Silencieux, il paraît mort ;

C’est qu’il peut dédaigner la terre,
Il aime ! le ciel est entré
Dans sa profondeur solitaire :
Il est immuable et sacré.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Tres beau poeme. j' adore!

Rédiger un commentaire

René-François SULLY PRUDHOMME

Portait de René-François SULLY PRUDHOMME

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. Fils d’un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte,... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto