Poème 'Le Rishi' de Louis MÉNARD dans 'Rêveries d’un païen mystique'

Le Rishi

Louis MÉNARD
Recueil : "Rêveries d’un païen mystique"

Dans la sphère du nombre et de la différence,
Enchaînés à la vie, il faut que nous montions,
Par l’échelle sans fin des transmigrations,
Tous les degrés de l’être et de l’intelligence.

Grâce, ô vie infinie, assez d’illusions !
Depuis l’éternité ce rêve recommence.
Quand donc viendra la paix, la mort sans renaissance ?
N’est-il pas bientôt temps que nous nous reposions ?

Le silence, l’oubli, le néant qui délivre,
Voilà ce qu’il me faut ; je voudrais m’affranchir
Du mouvement, du lieu, du temps, du devenir ;

Je suis las, rien ne vaut la fatigue de vivre,
Et pas un paradis n’a de bonheur pareil,
Nuit calme, nuit bénie, à ton divin sommeil.

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Commentaires

  1. Visages multiples
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    Visages assemblés, chargés d’indifférence,
    Sont-ils une dizaine, ou sont-ils des millions ?
    Ni dans la soumission, ni dans la rébellion,
    Sereine et méditante est leur intelligence.

    Ils choisissent leurs mots sans qu’aucun Pygmalion
    Ne leur ait exposé le sens des convenances ;
    Ils reposent, conscients de leur impermanence,
    Sans dicter de message au moindre tabellion.

    Le silence constant les grise et les délivre ;
    Au passé, au présent, au lointain avenir
    Cette absence de voix peut, certes, convenir.

    À leur coeur épargnant la fatigue de vivre,
    Ils habitent ces lieux, tous calmes, tous pareils,
    Et notre éveil, pour eux, n’est qu’un pauvre sommeil.

  2. Planète Ransomandra
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    Cette planète semble un lieu d’indifférence,
    Même si les vivants s’y comptent par millions ;
    Ces gens qui n’ont jamais connu la rébellion,
    N’ont qu’un modeste emploi de leur intelligence.

    Aucun ne voudrait être un autre Pygmalion,
    Car cela froisserait leur sens des convenances ;
    Mais ils sont fort à l’aise avec l’impermanence,
    Sans la rivalité, ni la loi du talion.

    Nous craignons le trépas dont rien ne nous délivre ;
    Ceux-là n’escomptent rien de leur propre avenir,
    Inframonde ou néant, tout peut leur convenir.

  3. Planète Ransomandra (suite et fin)
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    Leur planète, pourtant, est agréable à vivre,
    On peut y admirer des couchers de soleil
    Ou rêver de la Terre au cours d’un long sommeil.

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Louis MÉNARD

Portait de Louis MÉNARD

Louis-Nicolas Ménard, né à Paris le 19 octobre 1822 et mort à Paris le 9 février 1901, est un écrivain et poète français. Condisciple de Baudelaire au lycée Louis-le-Grand, il entra ensuite à l’École normale. Peu après avoir publié en 1843 un ouvrage intitulé « Prométhée délivré » sous le... [Lire la suite]

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