Poème 'L’épave' de ATOS

L’épave

ATOS

Sans elle,
L’informe dérive en moi.
Je sommeille dans l’onde sombre
et gis en souille froide.

J’ignore chaque ciel.
Et je rejette la terre
que son ombre délaisse.

Lune d’elle éclaire le chenal.
Dans cet estran,
Je souffre d’être sans elle.

Attiré par son souffle
le désir s’enflamme.
Il faut qu’elle me découvre
Pour que l’étrave brise l’étale.

Puisque son sang vient à ma bouche
Je me livre au plus violent des courants.
Une dune d’air surgît de la glaise.
Tout en moi alors s’éveille.
Ma chair m’emporte vers elle.
Chaque battement d’elle
Resserre l’étreinte du possible.

Qu’importe la force du brisant,
Vers elle,
Je veux me savoir vivre en corps
Dans le parfum de cette rose
qui apaisera la brûlure de ce temps.

Jusqu’à elle,
Infiniment.

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