Poème 'Les amours terrestres' de René-François SULLY PRUDHOMME dans 'Les vaines tendresses'

Les amours terrestres

René-François SULLY PRUDHOMME
Recueil : "Les vaines tendresses"

Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.
Née au siècle où je vis et passant où je passe,
Dans le double infini du temps et de l’espace
Tu ne me cherchais point, tu ne m’as point élu ;

Moi, pour te joindre ici le jour qu’il a fallu,
Dans le monde éternel je n’avais point ta trace,
J’ignorais ta naissance et le lieu de ta race :
Le sort a donc tout fait, nous n’avons rien voulu.

Les terrestres amours ne sont qu’une aventure :
Ton époux à venir et ma femme future
Soupirent vainement, et nous pleurons loin d’eux :

C’est lui que tu pressens en moi, qui lui ressemble,
Ce qui m’attire en toi, c’est elle, et tous les deux
Nous croyons nous aimer en les cherchant ensemble.

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Commentaires

  1. Par les yeux qui se sont plu,
    Par ce bel instant qui passe,
    Par l'infini de l'espace,
    Tu m'as élu.

    Par le temps qu'il a fallu,
    Par les Cupidons sans trace,
    Par la Vénus tendre et lasse,
    Tu m'as voulu.

    Par l'amour et l'aventure
    Et par notre vie future,
    Nos coeurs sont pris.

    Par nos mains qui se ressemblent,
    Par les nuits qui nous assemblent,
    Soyons épris.

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René-François SULLY PRUDHOMME

Portait de René-François SULLY PRUDHOMME

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. Fils d’un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte,... [Lire la suite]

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